Logistique

Immobilier logistique : le nouveau choc des géants

Les grandes manœuvres s’intensifient dans le secteur de l’immobilier logistique. Fusion AMB/ProLogis, OPA hostile de Goodman/APG sur PEPR, le fonds coté de ProLogis depuis 2006, contre-offensive de ProLogis pour reprendre le contrôle de PEPR : les initiatives, qui se sont multipliées ces dernières semaines, sont porteuses d’un double message.

En dépit d’un marché atone et encore fragile, cette classe d’actif conserve une solide cote d’amour auprès des grands fonds de pension. APG et Goodman sont, en effet, prêts à mettre sur la table 378 M€ (soit 6 € par action) pour racheter, à ProLogis, 100 % des titres de PEPR qui détient un patrimoine européen de 232 immeubles, 4,9 millions de m², valorisé 2,8 Mds€. En contrepartie, l’australien entend enlever une participation de 25 % dans le consortium et assumer seul la gestion opérationnelle du nouvel ensemble. Ce nouveau tandem est également parvenu à rallier à sa cause des fonds de pension et des fonds souverains prêt à les suivre dans cette initiative plutôt mal accueillie par le principal intéressé. Sans attendre, ProLogis a lancé la contre-offensive en grimpant autour de 33 % au capital de PEPR et en annonçant une contre-OPA pour acquérir « tout ou partie des parts en circulation et des parts privilégiées convertibles qu’elle ne détient pas encore dans PEPR ». « ProLogis n’a aucune intention ou désir de vendre ses parts dans PEPR. Nous n’avons aucune intention de vendre ou de renoncer à sa direction », a martelé sans équivoque Walt C. Rakowitch, président de ProLogis. L’affaire est presque entendue.

Deuxième message. Le secteur de l’immobilier logistique, encore jeune en Europe, est en proie à un profond mouvement de consolidation de ses acteurs, gage d’une certaine maturité. La naissance – dans quelques semaines – d’un géant de l’immobilier logistique à l’échelle mondiale ne peut laisser sans réaction les autres majors de la filière. Pour éviter le syndrome centre d’affaires (un n°1 et derrière une nuée de niche-players) et laisser une situation de monopole s’installer, grossir est devenu plus qu’une évidence, une nécessité. Prétextant le conflit d’intérêt suscité par la fusion des deux géants AMB/ProLogis et la multiplication des véhicules d’investissement sur le territoire européen (5 au total !), le nouveau tandem Goodman/APG entend, si cette opération arrive à son terme, porter son patrimoine européen à 3,5 millions de m² et sa plate-forme mondiale à 12,4 Mds€. A titre de comparaison, le nouveau géant de l’immobilier logistique affichera au compteur, dans quelques semaines, 55,7 millions de m² répartis dans 22 pays et valorisés 46 Mds$.