Bureau

Exception

Gérard Longuet a levé le voile du futur Pentagone à la française sur le site de Balard. Une opération d’exception à plusieurs titres.

Exception par la taille d’abord : 420 000 m² au total, avec 330 000 m² dédiés au regroupement des états-majors et de l’administration centrale du ministère de la Défense auxquels s’ajoute un campus tertiaire de 90 000 m² sur la pointe Ouest de l’opération. A terme, ce sont plus de 13 000 personnes qui vont travailler dans cette frange du 15e arrondissement parisien.

Exception par les enjeux financiers. Le montant de l’opération est évalué à 3,5 Mds€ pour le ministère qui s’acquittera d’une redevance annuelle de 130 M€ pendant 27 annuités. Côté privé, c’est un volume d’affaires de 1,2 Md€ pour Bouygues, au travers de ses multiples filiales qui interviennent sur le programme, et un investissement de 600 M€ pour Axa Real Estate qui porte le risque de l’opération de bureaux adjacente.

Exception quant au montage financier et juridique. Le ministère opte pour un PPP, une première pour la réorganisation immobilière d’une administration centrale, qui lui permet de ne débourser aucun euro au lancement de l’opération. Une équation a priori équilibrée sur le papier, les ressources nécessaires au financement étant assurées par un redéploiement de crédits budgétaires actuels. Relutive aussi, l’Etat devant récupérer la propriété du site au terme des 27 ans du PPP et des 60 ans du bail à construction sur le campus de la Corne Ouest.

Exception quant aux conséquences sur le marché immobilier. Cette vaste opération de regroupement va entraîner un jeu de domino des implantations tertiaires parisiennes du ministère de la Défense. Avec un aspect « business » très concret au travers de la cession de certaines emprises qui ne manqueront pas d’aiguiser l’appétit des investisseurs. Le ministère s’attend à 600 M€ de recettes qui, exception une fois de plus, iront dans ses caisses et non dans le pot commun. Avec des psychodrames prévisibles bien sûr, comme l’avenir de l’Hôtel de la Marine ou celui de Brienne.

Exception enfin sur l’aspect architectural. Le projet s’articule autour de trois entités distinctes unies par le végétal, avec un bâtiment central signé Nicolas Michelin. Un immeuble qui se veut « régalien » et « monumental » côté Paris, « discret » et « furtif » vu du périphérique, mais qui sera à coup sûr un nouveau repère pour ce quartier parisien en pleine métamorphose. Sauf si la mairie de Paris décide d'y mettre son grain de sel. Ou de sable...