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L’immobilier de l’Etat au milieu du gué

L’Etat n’en finit pas de repenser sa politique immobilière. A l’occasion du 2e colloque sur l’immobilier de l’Etat organisé ce 14 juin par Business Immo à Bercy avec le soutien de Netika, François Baroin, ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de L'Etat, a tiré le bilan de six années d’action. « Notre politique s’articule selon trois axes : entretenir notre patrimoine, rationaliser et réduire la surface d’occupation et poursuivre les cessions qui ne doivent pas résumer à elles seules la politique immobilière de l’Etat. Les objectifs sont atteints», a résumé le ministre.

Il faut désormais passer à la vitesse supérieure. François Baroin, qui a annoncé à cette occasion le renouvellement du mandat de cinq ans du Conseil de l’Immobilier de l’Etat (CIE) emmené par Yves Deniaud, entend donner une nouvelle impulsion à la politique immobilière de l’Etat. « De nouveaux chantiers nous attendent. Le Grenelle 2 en est un. La définition des métiers qu’un Etat propriétaire doit savoir accomplir également », a ajouté François Baroin.

Une deuxième page de l’histoire de l’immobilier de l’Etat est donc en passe de s’ouvrir. « Nous sommes au milieu du gué », insiste Philippe Parini, directeur général de la Direction Générale des Finances Publiques. « Le travail à accomplir est immense. Aujourd’hui, seulement 20 % du patrimoine de l’Etat fait l’objet de SPSI (Schéma pluriannuel de stratégie immobilière). Nous sommes encore au début de la réforme de l’administration territoriale. Cette politique immobilière de l’Etat est en passe de s’installer », nuance Christian Cléret, directeur général de Poste Immo et membre du CIE. « Le concept de l’Etat propriétaire, baignant encore dans un flou artistique, doit s’imposer », ajoute-t-il. « Pas question, pour autant, que l’Etat devienne un agent immobilier », a rétorqué Philippe Parini qui attend beaucoup des avis du CIE.

A l’occasion de ce colloque qui a réuni 350 personnes, son président, Yves Deniaud a dévoilé la feuille de route du CIE pour les cinq prochaines années. Elle se résume en quatre points : « poursuivre la politique de réduction de coûts », se doter d’une « vrai capacité d’arbitrage entre acquisition et location », « offrir aux agents des locaux adaptés » et intégrer les nouveaux partenaires, à commencer par les quelque 600 opérateurs de l’Etat, mais aussi tous les autres acteurs du secteur public comme les hôpitaux ou les organismes de sécurité sociale. « Le CIE va avoir du pain sur la planche », promet Yves Deniaud. Assurément pour un patrimoine évalué à plus de 100 Mds€.