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Bal tragique à La Défense : un mort !

La semaine est marquée par le retrait surprise du projet de la tour Generali à La Défense. Le jour même où l’Epadesa signe une promesse de vente avec le groupement Altarea Cogedim/Eiffage sur Cœur de quartier à Nanterre. Encore le signe d’un marché schizophrène à plus d’un titre.

D’un mois sur l’autre, le secteur de l’immobilier d’entreprise donne des sons de cloches différents, bercé tantôt par un vent d’optimisme, tantôt par une crainte exacerbée du double dip. Cette semaine encore, le choc de l’abandon du projet Generali a été amorti par des nouvelles rassurantes sur le front des bureaux. Les Vefa se réveillent, avec pas moins de trois transactions publiées cette semaine sur des immeubles achetés en l’état futur d’achèvement, dont deux ont été acquis en blanc. L’appétit soudain des investisseurs institutionnels, ceux qui, dit-on, sont allergiques au risque, traduit un manque manifeste d’immeubles neufs sur lesquels se porte dès aujourd’hui la demande des grands utilisateurs.

Cette demande, justement, semble aux abonnés absents. Si le fond de tarte – les petites et moyennes transactions – semble solide, avec une progression de 8% des moins de 1 000 m² et de 12% des 1 000/5 000 m², le bât blesse sur le segment des grandes transactions, celui des plus de 5 000 m². Derrière un recul feutré de 7% de la demande placée en Ile-de-France, c’est surtout 10 transactions de moins (29 contre 39) que l’on recense au 1er semestre 2011. Plus grave : sur les trois derniers mois, aucune transaction de plus de 20 000 m² n’a été signée, à tout le moins publiée. Frilosité des utilisateurs ? Décalage entre l’offre et la demande ? Gouffre entre les prétentions locatives des bailleurs et la capacité des entreprises ? Chacun y va de son explication.

En attendant, cette situation de latence a fait sa première victime : la tour Generali. L’assureur italien jette l’éponge sur l’un des projets phares du renouveau de La Défense. Un cheval de bataille de l’ancienne équipe immobilière de l’assureur qui, après avoir fait le dos rond pendant la crise, n’aura finalement pu reprendre son souffle le temps que s’installe le vent durable d’une reprise. Au-delà d’une décision stratégique interne, la tour Generali paye également le désamour des utilisateurs pour les IGH. Désamour certainement provisoire mais réel, comme en témoignent les utilisateurs dans le dossier de notre dernier magazine : « Tours vs Campus ». Ah ! Si l’on avait imaginé un campus à La Défense, l’histoire aurait pu être différente. Pour l'heure, Generali joue un mauvais tour à La Défense, et par ricochet à l'ensemble du marché.

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