Logistique

La chronique du Pil'es - « De l’intérêt d’une vraie programmation foncière en logistique »

L’immobilier logistique a vécu plus de 10 années d’euphorie et de développement, sur l’ensemble du territoire Français et principalement sur l’axe Lille Paris Lyon Marseille.

Ce marché a pu se développer grâce à des développeurs/investisseurs spécialisés (Prologis, PRD, Parcolog, Geprim, FEL 3.20€ | +2.56% ,Goodman…) mais aussi grâce à des politiques foncières adaptées, le plus souvent issues de collectivités locales ou de sociétés d’aménagement (de type Epida à l’Isle d’Abeau).

Les 2 années passées ont marqué un frein sur les nouveaux développements en raison de la crise ayant frappé l’ensemble des clients (chargeurs ou prestataires), une montée du stock existant, une préférence vers les clefs-en-mains mais aussi par une certaine pénurie de terrains aptes à recevoir les ‘’usines logistiques’’. Ce phénomène est d’autant plus vrai que le marché s’oriente (dans une démarche de logistique durable) vers des besoins de bâtiments de plus grande taille et/ou de parcs forcément consommateurs d’espaces. En parallèle, on note l’apparition d’une vraie logistique urbaine avec des sites à proximité des villes (de type Garonor) et dont le développement va de pair avec la montée du e-commerce et les contraintes environnementales que les cités commencent à imposer aux acteurs du transport.

De plus, des documents d’urbanisme nationaux (de type DTA) viennent restreindre les territoires pour l’activité logistique.

A titre d’exemple, il est ainsi impossible de construire aujourd’hui un entrepôt de + de 50 000 m² dans la 1ere zone logistique de France (l’Isle d Abeau avec + de 2 millions de m² construits) par faute de terrains disponibles.

Afin d’éviter le mitage de nouveaux sites, qui va à l’encontre du développement durable (en délocalisant sur des axes secondaires les flux routiers ou en n’étant pas éligibles au fer ou au fluvial), mais aussi des besoins exprimés par les clients car il empêche la mutualisation au sens large (transports ou services), nous devons retrouver une vraie politique d’accueil et de maitrise foncière dédiée à la logistique (avec des sites multi modaux) et qui tienne compte aussi de l’avantage économique de la France en terme de coût du foncier. Certaines collectivités ou régions commencent à prendre conscience du retard pris au-delà du stock existant (qui peut aussi être obsolète), et réfléchissent à un vraie politique pour l’immobilier logistique.

Nous autres, professionnels, ne devons pas relâcher notre effort d’information, de pédagogie afin que nous puissions, demain, continuer le développement de notre activité (qui est créatrice d’emplois) et répondre aux besoins de nos clients.