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Sur l'agenda 2012 des entreprises : la santé au travail !

Voilà des indications qui doivent retenir notre attention collective : d’après le nouveau rapport de l’OCDE , les troubles mentaux représentent un problème croissant dans la société, affectant de plus en plus la productivité et le bien-être des personnes au travail. Le rapport de l’OCDE : « Mal être au travail ? Mythes et réalité sur la santé mentale et l’emploi », révèle aussi qu’un travailleur sur cinq souffre de troubles mentaux, comme la dépression ou l’anxiété, et que bon nombre d’entre eux peinent à s’en sortir.

Sur quatre travailleurs présentant un trouble mental, trois font état d’une baisse de productivité au travail, la proportion n’étant que de un sur quatre pour les travailleurs en bonne santé. Les absences sont également beaucoup plus fréquentes chez les personnes atteintes d’une maladie mentale ; par ailleurs, 30 à 50% des nouvelles demandes de pension d’invalidité dans les pays de l’OCDE sont désormais motivées par une mauvaise santé mentale.

Le rapport bat en brèche plusieurs idées fausses concernant la question de la santé mentale, et estime en conclusion que les pouvoirs publics doivent s’efforcer de trouver des solutions nouvelles. La plupart des personnes souffrant d’un trouble mental travaillent : leur taux d’emploi oscille entre 55 et 70%, soit 10 à 15 points de pourcentage de moins que ceux des personnes en bonne santé.

Selon l’OCDE, la précarisation croissante des emplois et l’augmentation actuelle des pressions au travail pourraient entraîner une aggravation des problèmes de santé mentale dans les années à venir, et compte tenu du climat économique actuel, de plus en plus de personnes s’inquiètent pour la sécurité de leur emploi.

Ce rapport est corroboré par des données nombreuses et convergentes : le mal-être psychique dans l’entreprise s’accroît et, avec lui, une performance moindre de nos sociétés. Comment peut-on en effet espérer davantage d’efficacité et une productivité accrue si les forces vives de l’entreprise ne vont pas bien ?

C’est donc l’un des défis de ces prochaines années, qui doit être relevé car il est à notre portée : mesurer l’état de santé au travail des cadres et employés, et si le diagnostic le justifie, engager dans la concertation le plan de prévention des risques psychosociaux qui sera adapté à chaque situation.

La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) se trouve ainsi interpellée : non pas seulement parce qu’en matière de santé au travail, la jurisprudence fait peser sur l’employeur une obligation de sécurité de résultat, mais aussi – et peut-être surtout – parce que le développement de chaque entreprise exige des salariés qui sont « bien dans leur peau » et peuvent être ainsi partie prenante du projet d’entreprise.

Il est donc hors de propos de faire le dos rond dans l’attente d’un incident qui obligera à agir : l’action dans l’entreprise doit prévenir les incidents et s’organiser dans la concertation avec les représentants du personnel et, au premier chef, le CHSCT.

Le rapport annuel de l’entreprise, dans son volet RSE, sera ainsi l’occasion de préciser le diagnostic réalisé et le plan de prévention qui aura été arrêté : une entreprise de promotion ou de construction pourra par exemple porter l’effort sur la sécurité des chantiers, de façon à, objectifs quantitatifs à l’appui, faire baisser le nombre et l’intensité des accidents du travail ; une société d’asset management mettra l’accent sur la maîtrise du stress dans l’entreprise, en favorisant l’éclosion de managers qui, loin de harceler les subordonnés, conduisent des équipes soudées, tendues vers un même objectif, etc.

Le sujet est tout sauf accessoire en période de crise économique et financière : la dureté des temps, la difficulté de financer des projets sont autant de facteurs anxiogènes. Il est donc vital que l’entreprise veille à ne pas en générer d’inutiles souffrances au travail qui, avec un minimum de dialogue et de prévention, sont parfaitement évitables .