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Déni de crise ?

Confiance. Confiance. Confiance. Lors de son traditionnel Forum CBRE, première des grand-messes annuelles des brokers, Maurice Gauchot a martelé, avec force superlatifs, un discours résolument engagé aux côtés des incorrigibles optimistes. Taisant mal sa « révolte » devant « la sinistrose ambiante » et « la démesure du vocabulaire » - les intéressés apprécieront -, le président de CBRE France a donné le ton des conseils, avançant au moins quatre motifs de confiance dans l’immobilier : une démographie favorable, un monde en mouvement, un secteur ancré dans l’économie réelle et le défi du développement durable. Voilà pour le long terme. Trop plein de confiance ? Déni de crise ? Le discours de Maurice Gauchot délibérément axé sur la confiance est recevable.

A plus brève échéance, 2012 ne devrait pas s’inscrire en rupture avec 2011 qui aura été, pour CBRE France, « la 2e meilleure année de son histoire ». Une demande placée qui devrait atterrir entre 2 et 2,2 millions de m² en Ile-de-France. Un volume d’investissement qui se stabilisera probablement entre 12 et 14 M€ : s’il ne fallait retenir que deux chiffres prospectifs, ce serait ceux-là. 2012 sera donc une année de ralentissement, nullement de récession. « Nous sommes très loin de l’effondrement de la demande et de l’arrêt du marché de l’investissement comme nous l’avons connu mi-2008 », compare Maurice Gauchot. « L’immobilier n’est pas une ile plus une presqu’ile », a résumé, de son côté, Luc Ferry, grand témoin au pied levé de ce 37e Forum CBRE.

Une inquiétude peut-être : l’environnement fiscal. S’improvisant porte-parole de la place immobilière, Maurice Gauchot ne s’est pas privé, en ces temps de période pré-électorale, d’adresser un message à l’attention de nos politiques : « Arrêtez de taper sur l’immobilier ! Il a son compte. Soutenez plutôt ce secteur, un des leviers les plus efficaces pour créer des emplois et accélérer la croissance… ».