Logement

"S'agissant de l'immobilier, on ne dit pas l'essentiel : le temps de la négociation est revenu, au bénéfice des acquéreurs"

C'est ce que déclare Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi, répondant à la question "Est-ce le moment d'acheter de l'immobilier ?". 

"Dans le neuf, les constructeurs ont anticipé et proposent des offres promotionnelles attrayantes, telles que des logements BBC au prix des logements classiques, ou encore la prise en charge des frais d'acquisition.

Dans l'ancien, le rallongement des délais de réalisation se constate partout où la correction sur les prix n'a pas eu lieu, c'est-à-dire sur une bonne moitié du territoire, dans les zones tendues en particulier. Les acheteurs manquent d'audace : il leur appartient de peser sur les prétentions des vendeurs pour débloquer la situation. J'entendais il y a peu le responsable de la transaction d'une grande enseigne nationale dire que ses consultants inclinaient les candidats acquéreurs à faire des offres offensives, plutôt que de renoncer au motif que les prix excèdent leurs possibilités. On se souvient également de la petite phrase du Président de la République, notant que la France était le seul pays où les prix n'avaient pas baissé quand les circonstances économiques auraient dû les y mener : l'exception française est en train de toucher à sa fin, heureusement.

Qui plus est, cette resolvabilisation de la demande par les prix est en train de se faire dans les meilleures conditions possibles : il s'agit d'une correction, d'un "soft landing" pour parler comme les économistes, en aucun cas d'une chute des valeurs. La raison est simple : la demande est structurellement forte, et accentuée au printemps et à l'été, sous le double effet de l'envie de bouger, de changer de cadre de vie, et du besoin de le faire, souvent lié à l'évolution scolaire ou universitaire des enfants.

Du coup, face à une pression à la baisse sans effondrement, les propriétaires ne sont pas enclins à renoncer à vendre et n'ont en général pas de sentiment d'appauvrissement. On appelle cela "l'effet patrimoine" : une chute des prix aurait été la pire nouvelle, conduisant à la stérilisation du marché, augmentée d'une baisse de la consommation, les ménages détenant un bien ayant le sentiment d'être moins fortunés.

Mots-clés : Philippe Taboret, Cafpi