Logistique

Messagerie : quels enjeux ?

Flora Mégret, responsable immobilier de Gefco et Stephan Collot, directeur immobilier de DHL sont les co-animateurs de la commission Messagerie. Ils font le tour de l’actualité de leur commission :

Afilog a créé, en 2008, une commission destinée à mieux faire connaître l'activité de messagerie auprès des pouvoirs publics. De nombreuses contraintes pèsent sur ce métier, alliant rapidité et fiabilité pour satisfaire ces marchés, avec des enjeux de logistique urbaine extrêmement sensibles.

Parmi les objectifs de la commission, figure la déclinaison du référentiel NF Bâtiments Tertiaires  démarche HQE « plate-forme logistique » sur les bâtiments de messagerie, en collaboration avec Certivea. Il ne s’agit pas de créer un référentiel à part entière : la majeure partie de cet « addendum messagerie » est commun avec les ambitions du référentiel « plate-forme logistique ». Mais plutôt d’éviter l’inapplicabilité de certains points et d’illustrer les spécificités du métier.

Pour garantir les délais, et parce que la messagerie a pour destinataires des milliers de clients consommateurs, le bâtiment de messagerie est nécessairement situé à moins de 5 à 6 kms des centres urbains.
La proximité avec les zones périurbaines implique une attention particulière portée sur la sécurité et le confort des riverains. La qualité architecturale des projets devra être particulièrement recherchée.
D’une manière générale, les messagers sont sensibilisés aux nouvelles technologies en matière de transport. A ce titre, certains d’entre eux testent des solutions innovantes : c’est tout l’enjeu de la logistique urbaine de demain.

Quelles sont les principales différences entre une plate-forme logistique et un bâtiment de messagerie ?

Leur configuration est très spécifique. Elle est basée sur le transbordement ou l’opération de faire passer des marchandises des quais d’arrivée aux quais de départ, sans passer par le stock.
Le bâtiment de messagerie, doté d’une profondeur de 30 à 40 mètres, avec une hauteur sous poutre de 6 mètres, est donc conçu tout en longueur avec des quais de part et d’autre.
Ce qui nécessite, du fait de l’existence de cours camions de chaque côté, une plus grande utilisation de foncier.

La surface d’un quai de messagerie oscille entre 3 000 et 12 000 m² tandis que la plate-forme logistique évolue dans un format moyen de 25 000 m². Le ratio de bureau (20%) y est nettement supérieur à la logistique (7%).

Le nombre d’emplois générés est également beaucoup plus important. Aussi, les locaux sociaux, aires de détente, nombre de sanitaires, douches, accueil chauffeur ont été repensés dans l’optique d’améliorer leur confort.
Par exemple, la présence de salariés en trois 8 et de personnel féminin nous a invité à revoir le niveau d’éclairement sur les parkings permettant une plus grande sécurité.
De la même façon, l’activité intense de circulation et de déplacements des collaborateurs sur le quai, avec nécessité de lire étiquettes et références, impose un niveau d’éclairage naturel et artificiel plus importants favorisant la vue sur l’extérieur.

En parallèle à l’écriture de l’addendum « messagerie », nous établissons une cotation telle que définie sur les plates-formes logistiques (entrepôts de classe A, B, C) pour les bâtiments de messagerie que nous présenterons prochainement aux lecteurs de Business Immo Logistique.