Logement

La pierre ne fait pas débat

A l’heure où les deux candidats affûtent leurs armes pour le grand débat de l'entre-deux tours, force est de constater que la pierre ne fait plus débat. Ni sur l’état des lieux. Ni sur les solutions. Pas plus sur les moyens. Pendant cette campagne, le sujet s’est résolument déplacé du champ dogmatique au terrain pragmatique.

Un consensus s’est, en effet, imposé entre Nicolas Sarkozy et François Hollande sur le constat : la France traverse l’une des plus graves crises du logement qu’elle n’ait jamais connue. Les différentes politiques menées au cours des 25 dernières années par les deux majorités n’ont jamais résolu à combler le gap entre l’offre (pénurique) et la demande (exponentielle).

Un consensus s’est également installé, à peu de choses près, entre les deux candidats, sur les solutions à dégager pour lutter contre ces crises du logement. Pour l’un comme pour l’autre, la réponse passe par un développement de l’offre. Quand l’un propose un bonus de COS de 30 %, l’autre plaide pour la mise à disposition gratuite des terrains publics aux organismes HLM. La clé réside plus que jamais dans le foncier. Les deux candidats se rejoignent sur l’inversion de la fiscalité sur les plus-values des terrains non-bâtis et sur la nécessité de renforcer la gouvernance en matière de foncier.
Même sur les loyers, les deux prétendants à l’élection présidentielle ont fini par se rejoindre. L’un fait machine arrière, avançant la solution allemande du « miroirs des loyers » qui ressemble étrangement à un encadrement. L’autre plaide pour un blocage des loyers en zone tendue. Accessoirement, c’est déjà le cas pour les loyers de relocation en région parisienne.

Sur l’investissement immobilier et les niches fiscales, pas de pomme de discorde non plus. Nicolas Sarkozy jette aux orties le dispositif d’amortissement que sa famille politique a créé du temps de Périssol quand François Hollande veut plafonner l’effet d’aubaine à 10 000 € par an.

Dernier point de consensus et non des moindres : les deux candidats regardent l’immobilier au travers du seul prisme du logement. Une vision pour le moins réductrice…