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De vendre ma tour suis obligé

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Comme l’Espagne ou la Grande-Bretagne,  le marché immobilier français n’est plus à l’abri des ventes forcées. Après « Front de Parc » à Clichy, c’est au tour du « Praetorium » à La Défense d’être mis sur le marché par Capital & Continental, sous la contrainte du pool de banques. Mais cette fois-ci, la situation est un peu différente : le drame se joue au cœur du premier marché tertiaire d’Europe et porte sur un immeuble dont les caractéristiques techniques ne sont pas discutables. En un mot, « Le Praetorium » est loin d’être un nanar.

Vide depuis près de trois ans alors que tous les immeubles neufs de La Défense trouvent preneurs sans trop de mal, « Le Praetorium » fait surtout les frais d’un mauvaise stratégie commerciale, incarnant toute la complexité du rapport mandant/propriétaire. Positionné à des valeurs locatives élevées (585 €/m2/an), cet ensemble a longtemps été présenté comme indivisible. Et lorsque son promoteur, dont l’obstination a payé par le passé, s’est finalement résolu à assouplir sa politique de loyers (autour de 480 €/m2/an) et sa stratégie de commercialisation, il était déjà trop tard. Après un trou d’air incontestable sur le marché locatif, le plan de renouveau de La Défense et son lot de nouvelles tours plus vertes les unes que les autres devrait redonner un coup de fouet au premier marché tertiaire européen. En un mot : « Le Praetorium » a raté sa fenêtre tir sur le marché.

Mauvais timing, mauvaise stratégie : cet exemple, qui ne devrait pas rester isolé, démontre qu’il devient aujourd’hui suicidaire, pour les rares promoteurs de bureaux encore actifs sur le marché, de lancer en blanc. Il démontre également que le marché immobilier français s’enfonce dans une période plus que jamais averse au risque. Il témoigne, enfin, qu’une digue est en train de céder du côté des propriétaires. « Des immeubles comme cela, le marché en compte une petite dizaine sur le marché. Nous les connaissons tous », nous confie un professionnel. « Mais nous savons aussi que s’ils ne se louent pas, c’est qu’ils ont quelque chose à se reprocher »…