Logement
Point de vue de Laurent Demeure, Coldwell Bank

Bilan semestriel des marchés immobiliers de prestige et de luxe

Le marché parisien des biens de prestige (1 à 3 millions d’euros) subit légèrement une baisse de la demande, mais pourrait souffrir plus dans les mois qui viennent, compte tenu du désir affiché de certaines familles de s‘exiler. De son côté, le marché des biens exceptionnels n’est pas impacté par la conjoncture ; le nombre de foyers internationaux fortunés souhaitant acheter un pied-à-terre à Paris étant en constante augmentation. 2012 sera assurément l’année de tous les records pour l’immobilier d’exception.

« La tension économique importante, mais aussi, les élections présidentielles, ont provoqué, au cours de la première moitié de l’année, attentisme et inquiétude chez les acquéreurs potentiels de biens immobiliers. Le rapport remis le 3 juillet par la Cour des Comptes risque d’augmenter l’attentiste des familles françaises et accélérer encore le flux de relocation à Miami, New York, Londres, Genève ou Bruxelles.

Le marché des biens de luxe (au-delà de 3 millions d’euros) et exceptionnels reste constant. Le nombre de millionnaires de par le monde étant en augmentation constante - plus de 11 millions de personnes disposent d’un patrimoine supérieur à 1 million de dollars en 2012, d’après World Wealth Report 2012, publié par Capgemini et Royal Bank of Canada -, les prix des biens de luxe ne baissent pas. Les milliardaires du monde entier sont dans une frénésie d’achat et dépensent les sommes les plus folles pour s’offrir les plus belles propriétés de la planète.

De quelque nationalité qu’ils soient, les foyers les plus aisés de la planète rêvent « quasiment » tous d’avoir un pied-à-terre à Paris. Guère de chance, dans ces conditions, d’assister à une chute des prix… Compte tenu de la bonne santé de ce marché, Coldwell Banker France & Monaco a atteint les objectifs qu’il s’était fixé pour le 1er semestre 2012.

Le marché parisien des ventes de prestige (entre 1 et 3 millions d’euros), lui, subit en revanche l’indécision des acheteurs. Révélateur : même les appartements familiaux, qui étaient très demandés dans la capitale il y a encore quelques mois, souffrent d’une certaine désaffection. Résultat : les prix demandés sont en baisse, même si finalement, les prix finaux (ceux d’achat) restent plus ou moins identiques à ceux d’avant. Il y a encore quelques mois, les prix de mise en vente étaient plus élevés, mais les négociations allaient bon train car les vendeurs n’étaient guère pressés. Aujourd’hui, les prétentions des vendeurs se rapprochent des prix du marché ce qui démontre une certaine inquiétude de leur part et, surtout, une volonté d’aboutir plus rapidement.

Ce deuxième segment de marché pourrait toutefois, dans les mois qui viennent, souffrir plus durement d’une baisse de la demande car, depuis les élections présidentielles et le durcissement prévisible de la fiscalité, nous notons que de nombreux clients fortunés se posent des questions sur l’opportunité de partir vivre à l’étranger. Londres et New York sont plébiscités par les hommes d’affaires ; Les familles retraitées optent plutôt pour la Suisse, tandis que les foyers gardant leurs actifs professionnels en France préfèreraient plutôt la Belgique. En tout état de cause, tous les bureaux internationaux de Coldwell Banker ont actuellement beaucoup de demandes de renseignement de la part de Français réfléchissant à une expatriation possible… Le grand quotidien américain, New York Times, a d’ailleurs récemment publié un article sur l’accroissement des achats immobiliers français à aux Etats-Unis. Conséquence : le nombre d’appartements familiaux (entre 130 à 200 m²) mis en vente progresse alors que la demande faiblit. Une stabilisation des prix pourrait donc avoir lieu dans les mois qui viennent sur ce type de biens.