Logement
Elix Rizkallah, Laforêt

Plusieurs fondamentaux du marché resteront favorables au second semestre

Après avoir acté une baisse de son volume d'activités de -11% et des prix de -5% au premier semestre 2012, le réseau d'agences immobilières Laforêt se montre confiant sur l'évolution du marché du logement au second semestre 2012. Entretien avec Elix Rizkallah, président de Laforêt.

Business Immo Logement : Quel bilan dressez-vous de ce début d’année sur le marché du logement ?
Elix Rizkallah :Au sein de notre réseau, nous travaillons sur six indicateurs : la demande, qui est en repli de -19 % au 1er semestre 2012, par rapport à la même période en 2011 ; l’offre, qui se stabilise à +1 % sur la même période. Sur le premier semestre 2012, le volume de transactions a baissé de 11 %, les prix de 5 %, les délais de vente progressent de plus de 8 jours pour s’établir à 101 jours au 30 juin 2012. Le dernier indicateur important est l’écart de prix entre le prix affiché et le prix vendu : les négociations sur le prix de vente se maintiennent au-dessus des 6 %, à 6,3 % contre 5,7 % au premier semestre 2011.
BIL: Qu’anticipez-vous pour le deuxième semestre ?
ER: Plusieurs fondamentaux du marché resteront favorables au second semestre. Les taux d’intérêts attractifs notamment, toujours inférieurs à 4 %, qui soutiennent la capacité des acquéreurs solvables ; les acquéreurs toujours présents, moins bousculés par la concurrence ; la stabilisation du stock, au nombre de 49 700 au sein de notre réseau ; l’achat ou la vente d’un bien reste un véritable projet de vie, malgré le contexte économique ; et l’investissement locatif, même sans fiscalité avantageuse, reste un placement sûr. Nous tablons, sur l’ensemble de l’année, sur un recul de 10 % des transactions, et sur un recul de 5 % des prix, avec un ralentissement de la baisse, voire une stabilisation à la fin de l’année.
BIL: Que pensez-vous des premières orientations prises par le nouveau gouvernement, et notamment la mesure concernant l’encadrement des loyers ?
ER: Cette mesure va rétablir une certaine justice et ne devrait pas vraiment impacter le marché. Les investisseurs locatifs, même si les dispositifs fiscaux ne sont plus avantageux, préfèrent investir dans la pierre que dans la bourse, beaucoup plus volatile. Néanmoins, cette mesure ne doit pas stigmatiser les investisseurs qui contribuent à fluidifier le marché immobilier.
BIL: Jean-Daniel Cohen, administrateur délégué de Laurad, a assuré que le réseau Laforêt n’était pas à vendre. Qu’en est-il de votre côté ?
ER: Nous répétons également que Laforêt n’est pas à vendre. La confusion provient du fait que Laurad, qui détient également la société de gestion Uffi, est en passe de la céder au groupe Fiducial. Certains pensent que Laforêt, dont Laurad est l’actionnaire majoritaire, sera également cédée à la suite de cette opération. Mais il n’en est rien.
BIL: L’acquisition par Artémis des réseaux d’agents mandataires Capifrance et Optimhome vous inquiète-t-elle ?
ER: Au début, cela nous a bien sûr interpellé, car la famille Pinault, propriétaire de la holding Artémis, dispose d’une puissance financière considérable. Mais finalement, l’ensemble des mandataires réalisent aujourd’hui un faible volume de transactions. Ils n’ont ni la notoriété, ni la réputation, ni le réseau physique des réseaux traditionnels comme Laforêt. A l’opposé d’une démarche low-cost, nous misons sur la qualité de nos services. Vendeurs, acquéreurs, locataires et bailleurs doivent percevoir instantanément la valeur ajoutée de nos prestations.
BIL: Et le PAP ?
ER: Une partie des consommateurs souhaite traiter « de particulier à particulier » en pensant économiser les honoraires de l’agent immobilier. Cette tendance est en recul constant ces dernières années, car les particuliers se sont rendus compte des problèmes et des risques que pouvaient poser de telles initiatives. Les professionnels apportent une réelle plus-value, en contactant les syndicats de copropriété par exemple ou en étant au courant des dernières règlementations. Aujourd’hui, ce que nous savons, c’est que 80 à 90% des clients qui nous contactent ont auparavant effectué des recherches sur les différents sites internet pour comparer les annonces et les prix.
BIL: Comment vivez-vous ce poids toujours plus important d’internet dans les transactions immobilières ?
ER: Aujourd’hui, nous enregistrons 620 000 visites mensuelles sur notre site Laforet.com, ce qui représente un total de 430 000 visiteurs, qui consultent en moyenne six pages. Nous proposons à ce jour 56 000 biens.