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Sauve si peu…

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La trêve estivale est bel et bien finie. Le gouvernement est sorti de cette léthargie dans laquelle nous avons tous baigné durant le mois d’août pour s’attaquer à l’un de ses premiers dossiers de crise de la rentrée. Un dossier mêlant la finance à… l’immobilier : le Crédit Immobilier de France.

Les faits d’abord. L’Etat accorde ce week-end, in extremis, une garantie à hauteur de 4,7 Mds€ selon plusieurs sources qui permet à l’établissement de crédits aux particuliers, au bord de la faillite, d'honorer ses échéances. En échange, Bercy a obtenu que le Crédit Immobilier de France cesse toute nouvelle production, se contentant de gérer en extinction les 33 Mds€ d’encours. C’est l’arrêt de mort de cet établissement financier, lié au mouvement HLM, qui se voulait indépendant des autres réseaux bancaires et qui n’a pas su s’adosser en temps voulu. Fût un temps où le Crédit Immobilier de France ambitionnait de reprendre le Crédit Foncier. Le CIF avait perdu cette bataille contre les Caisses d’Epargne.

Plus généralement, c’est la mort d’un modèle. Celui d’un établissement financier sans dépôts, sans actionnaire de référence, avec trop peu de fonds propres, qui dépend entièrement du bon vouloir des marchés pour se refinancer. Une mauvaise note – en l’occurrence de Moody’s – et c’est tout le château de cartes qui s’effondre. Faute de la confiance des investisseurs privés, c’est donc le contribuable qui est appelé à la rescousse d’un système financier « globalement solide » pour reprendre les propos de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre.

Les conséquences devraient rester limitées pour le marché immobilier. Le Crédit Immobilier de France n’est pas Dexia, et son poids est infime dans la production de crédits à l’habitat. Pour autant, l’absence du CIF va constituer un vrai trou dans le financement des ménages les plus modestes, l’établissement disposant de près de 15 % de parts de marché sur les prêts conventionnés. L’USH ne s’y trompe pas, soulignant que la mise en extinction de la production du CIF « mettrait en péril le financement de l’accession sociale à la propriété ». Une épine dans le pied du gouvernement qui met l’accent sur le logement social en ce début de mandat.

L’Etat n’ayant plus vocation à être à la tête d’une banque nationalisée (les temps changent…), il n’y a plus maintenant qu’à se partager les restes du cadavre. Les candidats seraient nombreux, y compris dans les rangs des HLM qui ne veulent pas voir les 2,4 Mds€ de fonds propres du CIF partir directement dans les caisses de Bercy.

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