Logement

Ayrault et les super zinzins

C’est un véritable discours de politique générale… sur le logement qu’a tenu Jean-Marc Ayrault en ouverture du 73e Congrès de l’Union Sociale pour l’Habitat. Fiscalité inversée des terrains constructibles, nouveau dispositif d’investissement locatif des particuliers (plafonné et niché), cession du foncier public (si on parvient à le recenser), renforcement de la loi SRU (taxe déguisée sur les communes riches ?) : il y en aura eu pour tous les goûts et tous les publics, n’en déplaise aux acteurs sociaux. « Une grande partie de notre objectif repose sur le parc de logements privés, qu’il s’agisse de logements occupés par leurs propriétaires ou du secteur locatif », a savamment distillé le Premier ministre devant la crème des bailleurs sociaux.

Mais la sortie la moins attendue de Jean-Marc Ayrault aura sans doute été à l’intention des investisseurs institutionnels. « Il ne suffit pas d’inciter les particuliers à investir dans le logement. Depuis quelques années, les investisseurs institutionnels se sont en partie retirés du marché du logement. Je souhaite qu’ils reviennent », a-t-il indiqué en substance. Le Premier Ministre ambitionne même d’aller au-delà du constat et passer à l’action. Enfin presque…

Avant de passer en mode action, une énième table-ronde sera organisée.  Elle réunira les compagnies d’assurances, les banques et les autres principaux investisseurs. Objectif ? « Etablir avec eux un diagnostic des raisons de leur retrait et déterminer les moyens de leur remobilisation ». Le propos marque un changement de ton et de style par rapport aux préoccupations de la ministre de l’Egalité des territoires et du logement tenté par la politique du bâton plus que de la carotte. Presque un appel au secours… Comme si, enfin, le gouvernement avait pris conscience qu’il est vain de faire reposer toute une politique du logement sur la seule filière HLM. Comme si ce même gouvernement anticipait l’échec programmé d’une politique à sens unique.