Logement

52 % - C'est la part des Français estimant que l'augmentation des prix du foncier explique la flambée des prix de l'immobilier, selon un sondage effectué par Ipsos pour Nexity.

Selon le sondage effectué par Ipsos, pour Nexity 42.77€ | +0.43% , 83 % des Français déclarent en effet qu’il est aujourd’hui difficile de se loger, soit une hausse de 5 points par rapport à l’an dernier. 41 % d’entre eux jugent même qu’il est très difficile de trouver un logement, contre 33 % en 2011.

Aucune catégorie de population ne semble aujourd’hui épargnée : la très grande majorité des Français estime ainsi que les étudiants (89 %, +9 points vs 2011) et les jeunes actifs (82 %, +10 points) ont du mal à trouver un logement adapté à leurs besoins et moyens. Même les familles (77 %, +8 points) ou les séniors (62 %, + 8 points) sont désormais confrontés aux mêmes difficultés. Ce diagnostic pessimiste concerne tous les types de logement et encore plus ceux réservés aux populations économiquement et socialement fragiles : 86 % des Français trouvent qu’il est problématique de bénéficier d’un logement d’urgence et 80 % d’un logement social. Dans le même temps, beaucoup soulignent les difficultés à trouver un logement en location (71 %) ou en accession à la propriété (63 %). Et les Français croient peu à une amélioration de la situation du logement : 36 % d’entre eux craignent que les choses se détériorent encore dans les années à venir, 40 % estiment qu’il n’y aura pas de changement tandis que seuls 21 % prévoient une amélioration. Le pessimisme est encore plus prégnant chez les plus jeunes : 47 % des moins de 35 ans redoutent en effet une détérioration de la situation, contre 33 % des 35 ans et plus. 

L’écrasante majorité des Français (84%) pointe l’augmentation des prix dans le secteur immobilier au 4e rang des augmentations. 57 % d’entre eux jugent même que les prix ont beaucoup augmenté. Cela s’inscrit dans une hausse générale des coûts des biens de première nécessité : 98 % des Français perçoivent une hausse des prix de l’alimentation, 96 % de l’essence, 96 % de l’énergie, 79 % de l’accès aux soins et 70 % de l’habillement. Comme l’année dernière, l’augmentation du prix du foncier reste, pour les Français, la principale raison de la flambée des prix de l’immobilier : ils pointent ainsi avant tout une raréfaction et une hausse des prix des terrains (52 %). Viennent ensuite l’augmentation des coûts de construction liés aux normes, réglementations et labels (45 %), puis, la marge des promoteurs (43 %) et la pénurie de logement (34 %). Et les Français ne se montrent guère optimistes quant à une possible amélioration : selon eux, les prix de l’immobilier vont continuer à augmenter, à l’achat et plus encore à la location : 69 % pensent que les prix à l’achat des logements neufs vont encore augmenter, 48 % pour les logements anciens. 77 % prévoient une hausse des prix à la location des logements neufs, 64 % pour les logements anciens.

Les Français appellent de leurs vœux une profonde modification de la politique en matière de logement : 76 % souhaitent que le président de la République et le gouvernement changent les choses en profondeur, 10 % seulement à la marge, soit 86 % souhaitant du changement. Si les sympathisants de gauche sont quasi unanimes sur la nécessité de ce changement en profondeur (80 %), cette opinion est également largement partagée par les sympathisants de l’UMP (67 %) et du Modem (63 %). En même temps, les Français sont convaincus de la faible marge de manœuvre dont dispose le gouvernement en ces temps de crise et le réalisme – voire le pessimisme - l’emporte visiblement sur l’idéalisme : seuls 16 % pensent que le Président et le gouvernement pourront changer les choses en profondeur et 30 % pensent qu’ils pourront le faire, mais seulement à la marge. À l’inverse, ils sont 51 % à penser qu’ils ne pourront pas changer grand-chose. Ainsi, les Français sont assez partagés sur la capacité du gouvernement à atteindre l’objectif de 500 000 constructions par an, sachant que le rythme depuis 2007 est de 370 000 : 47 % pensent que c’est possible, quand 50 % pensent le contraire. Cependant, dans un contexte de pénurie de logement et de crise économique, le soutien à la construction apparait important aux yeux des Français, avant tout pour préserver l’emploi dans le secteur du bâtiment (86 % jugent que c’est prioritaire ou important) mais également pour résoudre la crise du logement (82 %). Une large majorité y voit aussi un levier pour favoriser la croissance française : 73 %.

À la question, «que faire prioritairement pour favoriser cette construction?», les Français choisissent l’aide à l’accession à la propriété (35 %), avant la libération des terrains appartenant à l’Etat (23 %), mesure qui leur semble également efficace pour améliorer la situation en matière de logement. Les incitations fiscales à l’investissement immobilier et l’accélération des procédures administratives pour l’obtention des permis de conduire leur apparaissent plus secondaires, respectivement citées par 15 % et 14 % de la population interrogée. Le financement total de la construction de logement par de l’argent public arrive en dernier avec seulement 8 % des personnes interrogées le jugeant prioritaire.

Dans un contexte particulièrement sombre, les Français se montrent donc plutôt résignés sur la situation du pays : s’ils appellent de leurs vœux un changement profond de la politique du logement pour tenter de sortir de la crise dans laquelle le pays est endigué depuis plus de 4 ans, ils n’ont que guère d’illusion sur une sortie prochaine de la crise.

Mots-clés : Nexity, Ipsos