Logement

« Cette loi vous déplaît, elle sera votée. »

© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

C'est ce qu'a déclaré Cécile Duflot, ministre du Logement et de l'Egalité des territoires.

Cécile Duflot a affirmé que la loi sur le logement social serait "votée" malgré les "manoeuvres de diversion" de ceux auxquels elle "déplaît", en réponse aux députés UDI réclamant des excuses de Jean-Marc Ayrault au Conseil constitutionnel. "Décidément monsieur le Premier ministre, vous êtes extraordinaire!", a commencé le député Arnaud Richard (UDI), se faisant applaudir ironiquement par les élus de gauche, debout. "Parce qu'avec vous et avec votre gouvernement, on ne s'ennuie pas", a-t-il continué. Le député a notamment lancé à l'adresse de Jean-Marc Ayrault : "Vous humiliez le Conseil constitutionnel (...) en annonçant vous-même une décision qu'il n'a pas encore prise puisqu'il se réunit actuellement. Le groupe UDI vous demande solennellement de présenter vos excuses au Conseil constitutionnel". "Vous avez déclaré ne pas avoir été nommé par hasard, nous commençons à nous demander si vous n'avez pas été nommé par erreur", a-t-il conclu. Prenant la parole pour répondre, la ministre du Logement, Cécile Duflot, a retourné l'attaque : "Je pense effectivement que la question des excuses se pose parce que nous parlons de 1,7 million de familles en France qui attendent des logements, de 3 millions de personnes mal logées, de 600 000 personnes qui vivent dans des logements insalubres. Voilà où est l'urgence". "C'est le choix du gouvernement et des Français : une politique de solidarité, d'égalité (...). Cela vous dérange peut-être mais nous allons continuer. Vous ne nous ferez pas frémir et vos manoeuvres de diversion sur la forme ne nous feront jamais oublier le fond : répondre à celles et à ceux qui en ont besoin", a-t-elle poursuivi. "Cette loi vous déplaît, elle sera votée, pour ceux qui en ont besoin", s'est-elle écriée. Cécile Duflot s'est attiré quelques ricanements du côté de l'opposition lorsqu'elle a évoqué "ceux et celles avec qui" elle était "cette nuit", faisant référence à "ceux et celles qui dorment dans la rue". En juillet, la ministre s'était attirée des sifflets de la part de certains députés de droite parce qu'elle portait une robe.

(avec l'AFP)