Logement

68 % - C'est la part des Français estimant que la mixité sociale doit être une priorité, selon un sondage Ifop.

(AFP) - 68 % des Français estiment que la mixité sociale doit "constituer une priorité des pouvoirs publics dans les années à venir", selon un sondage Ifop réalisé pour le Défenseur des droits Dominique Baudis.

Cette enquête a été commandée pour le colloque sur les discriminations sur l'accès au logement, qui se tiendra mercredi à Paris. L'événement sera ouvert par Dominique Baudis et clos par la ministre du Logement Cécile Duflot. Le sondage a été réalisé courant octobre 2012, auprès d'un échantillon représentatif de la population française de 1 000 personnes et d'un panel d'habitants de zones urbaines sensibles (ZUS) de 502 personnes.

Il indique qu'une "majorité de Français (68 %) et a fortiori des habitants des ZUS (77 %), considère la mixité sociale comme devant constituer une priorité des pouvoirs publics dans les années à venir". Car "les discriminations dans l'accès à un logement locatif sont fréquentes" pour 82 % des Français et seulement 70 % des habitants de ZUS, pourtant plus concernés dans la réalité. Plus d'un tiers des habitants de ZUS ayant cherché un logement ces 10 dernières années estime avoir été discriminé, contre un quart de l'ensemble des Français. Et lorsqu'ils sont discriminés, les habitants de ZUS sont 37 % à penser que leur origine en est la cause (14 % pour l'ensemble des Français). Les candidats à la location accusent le plus fréquemment des propriétaires individuels de les avoir discriminés (54 % pour l'ensemble des Français, 43 % dans les ZUS). Mais les habitants des ZUS, où les HLM sont plus nombreux qu'ailleurs, mettent aussi en cause les organismes de logement social (à 50 %, contre 30 % pour la France entière). En ZUS ou ailleurs, "moins d'un quart des victimes de discrimination (au logement) ont engagé des démarches pour faire valoir leurs droits", ne sachant où s'adresser ou ne croyant pas à un quelconque résultat, révèle l'enquête. Quant à lutter contre le phénomène, habitants de ZUS et d'ailleurs citent majoritairement "la réalisation de tests" auprès des loueurs et "un durcissement des sanctions". Une proportion non négligeable reste persuadée qu'elle sera à nouveau discriminée dans l'avenir (30 % des Français, 56 % des habitants de ZUS).