Logement
Point de vue de Jean-Louis Sadone, Sadone Immobilier & Patrimoine

Exil ? Quel exil ?

Gérard Depardieu s’installerait au pays des soviets bientôt suivi par Brigitte Bardot, Bernard Arnault nous quitterait pour le plat pays … la presse bruisse de rumeurs laissant entendre qu’un mouvement d’exil (d’exode ?) massif serait en train depuis plusieurs mois, en réaction à l’alourdissement de la fiscalité française. Jean-Louis Sadone, co-fondateur de l’agence éponyme, s’étonne que certains professionnels de l’immobilier n’hésitent pas à relayer ces rumeurs, pour en faire un argument commercial et vendre des biens à l’étranger à une petite poignée de français tombés dans le panneau de l’affolement.

Véritable tsunami ou vaguelette générée par le nano-marché de quelques grandes fortunes ? Il n’existe à ma connaissance aucune statistique ou étude officielle française venant à l’appui de ces affirmations et, lorsque des chiffres sont communiqués par des autorités étrangères, le « buzz » se dégonfle comme une baudruche !

Ainsi, selon les services belges, 126 dossiers de demande de naturalisation ont été déposés en 2012 par des français, contre 63 en 2011. Certes le chiffre est en augmentation, mais pas jusqu’à changer la face du marché de l’immobilier français ! A Neuilly-sur-Seine, réputée pour son patrimoine immobilier haut de gamme, l’agence n’a pas enregistré de mouvement de ce type parmi son portefeuille de clients, ni observé qu’il en soit ainsi sur le périmètre de la commune. Pourquoi mettre en avant un nano-marché qui ne saurait représenter plus d’1 % du marché global, alors que nous, Sadone Immobilier, travaillons avec les forces vives de l’immobilier… soit les 99 % restant ?

Trop d’impôt tue l’impôt

L’utilisation de cet argument détourne l’attention des problèmes essentiels. Le vieil adage « trop d’impôt tue l’impôt » est plus que jamais d’actualité. Fiscalité alourdie, encadrement des loyers, réquisitions…autant d’annonces qui risquent d’amplifier un phénomène d’attentisme, voire de renoncement à une transaction, déjà amorcé depuis un an lorsque l’exonération de la plus-value a été portée à trente ans. Conforté par la bonne tenue du marché neuilléen, nous sommes loin de partager le pessimisme affiché par certains de nos confrères. Néanmoins, il y a lieu de s’interroger sur l’impact, fût-il psychologique, des dernières mesures gouvernement, pas de nature à redynamiser un marché déjà fragilisé.

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