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Le pari de Marty

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Et si c’était la fin de la guerre ? La fin de la guerre économique qui oppose la Chine et les pays émergents au reste du monde. C’est un peu le pari de Guy Marty, le directeur général de l’IEIF, qui a annoncé un changement de paradigme économique à l’occasion de la traditionnelle matinée de prospective de l’Institut. « Les fondamentaux négatifs ont viré au positif en 2012 », affirme-t-il. Arguments à l’appui.

Un. Des règles du jeu du commerce international qui ont changé. « La grande nouvelle de 2012, c’est la création, par la Chine, d’un marché financier en monnaie locale », lance Guy Marty. Le RMB devenant une monnaie d’échanges internationaux, c’est la fin de la « sous-cotation guerrière » et de l’outil qui avait permis de rompre les lois de la concurrence. « On s’installe dans un mode de croissance mondiale qui n’a plus besoin de détruire les économies des pays dits avancés », insiste le directeur général de l’IEIF.

Deux. Une finance qui prend le pouvoir. Plus exactement, les banques centrales prennent les clés de l’économie (« qu’elles ne rendront pas ») en assumant désormais l’ensemble de la courbe des taux et les problématiques de financement. « La sphère financière a enfin un pilote dans l’avion. Les banques centrales sont maintenant aux commandes sur la croissance, l’emploi, les systèmes bancaires et ne sont plus des organismes techniques. Nous changeons les règles de fonctionnement du monde économique et financier », martèle Guy Marty.

Trois. Une vague technologique qui fait émerger de nouveaux acteurs et business models au détriment d’autres. Les principes même de la destruction créatrice, une théorie économique conceptualisée par Joseph Schumpeter. « C’est une croissance de ce type qui apparaît à l’horizon et qui va redistribuer les cartes entre les pays émergents et les pays dits avancés », annonce Guy Marty. On pourrait y ajouter la révolution verte, présentée par Jérémy Rifkin comme la troisième révolution industrielle.

Fort de ces trois grands facteurs de long terme – « qui nous ont mené à la crise actuelle » - le vent a tourné. « Il se prépare une éclaircie ». Reste à savoir quand ? Et avec quels impacts pour l’immobilier ? Pour les bonnes nouvelles, il faut certainement passer son tour en 2013. Dans ses modèles de prévisualisation, l’IEIF table sur une relative stabilité des marchés de bureaux franciliens et une baisse des prix des logements anciens France entière. Mais, Guy Marty souffle le vent d’espoir.