Territoires

L’immobilier, bulle de prospérité, îlot d’espoir

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Une fois de plus, la crise a soigneusement contourné la ville de Cannes. Du Mipim qui vient de s’achever, on retiendra davantage les aléas météorologiques que les incertitudes macro-économiques. Alors, Mipim pluvieux, Mipim heureux ? Mipim sérieux à tout le moins, dont trois idées force se dégagent nettement.

D’abord, les investisseurs sont là… et les banquiers reviennent dans leur sillage. C’est le signe que l’immobilier est toujours une classe d’actifs attractive au regard des autres placements financiers. En dépit d’un certain regain de la Bourse, la pierre offre une prime de risque inégalée et, surtout, sert un rendement pérenne. Le Graal recherché par tout investisseur... Le hic, c’est que les acheteurs veulent ce que les vendeurs ne cèdent pas. Les premiers veulent du core quand les seconds cherchent avant tout à vendre les immeubles à « risque ». Le constat vaut au moins pour la France. Pour combien de temps ? Un frémissement semble se faire sentir sur le marché secondaire. Il était temps…

Ensuite, n’en déplaise aux Cassandre, le Mipim a fait, cette année encore, le plein de projets. Plus on s’éloigne de la vieille Europe, plus ils sont pharaoniques. Cette année, la Turquie détrône le Qatar et la Russie du haut de l’affiche avec des programmes gigantesques, comme celui d’Ali Agaoglu – le - à Istanbul. Le Francis Bouygues turc, pour sa première participation au Mipim, présentait non pas un projet mais l’équivalent d’une ville de 5 millions de m2 dont le terme est fixé… à 2016. Rien à voir avec nos grands projets d’aménagement – ambitieux certes – mais tellement longs à se concrétiser qu’on a parfois le sentiment de revoir, Mipim après Mipim, les mêmes présentations voire les mêmes incantations.

Enfin, c’est la première pierre d’un réel programme d’investissement : le Grand Paris. Pardon, le Nouveau Grand Paris. La tente qui accueille, depuis plusieurs années, les différents territoires franciliens a beau refléter l’incroyable complexité de la gouvernance de la première région économique française, il n’empêche... Jean-Marc Ayrault a donné, le 6 mars dernier, un nouveau souffle à ce projet qui se ressentait comme jamais à Cannes. Un nouveau grand départ ?