Logement
Point de vue de Bernard cadeau, Orpi

"S'il y a des abus chez les professionnels de l'immobilier, il faut les sanctionner, mais pointer du doigt une seule profession est une erreur de jugement."

Suite à l'annonce par le gouvernement d'un projet de loi « Duflot II », qui doit être présenté en conseil des ministres le 26 juin ou le 3 juillet prochains et destiné à lutter contre des pratiques jugées
« abusives » dans le secteur immobilier, Bernard Cadeau souhaite apporter son éclairage s’agissant des frais d’agences immobilières : "ce que l'on appelle frais d'agence sont en réalité des honoraires qui correspondent à des missions très précises et réglementées, à savoir : la rédaction du bail et l'état des lieux. Ces actes ne sont pas anodins, ils sont à la responsabilité de l'agent immobilier et implique sa bonne foi".

Pour Bernard Cadeau, "ce projet de loi revient à taxer encore plus le bailleur qui l'est déjà suffisamment. Il apparaît comme trop réducteur d'annoncer que le locataire doit uniquement payer ce qui le concerne, c'est une vision bien étroite de la réalité du marché d’aujourd'hui". Concernant la garantie des loyers, Orpi vote pour mais, encore une fois, si tout ne repose pas sur les épaules uniques du bailleur.

Enfin, Bernard Cadeau s'étonne des mesures envisagées autour des marchands de listes et de la notion d'exclusivité. En effet, "seul les agents immobiliers peuvent revendiquer l'exclusivité d'un bien au travers de la signature d'un mandat. La loi va t- elle être changée ? "

Un marché immobilier plus que tendu

Les acquisitions sont de plus en plus difficiles avec des transactions qui ont baissé de 20 % en 2012 et de 2 % début 2013 par rapport au dernier trimestre 2012. Les primo-accédants sont condamnés à une mort certaine avec le retrait du PTZ +, l’atteinte d’un niveau record de l’apport pour l’obtention d’un prêt (50 000 € demandés en moyenne) et des durées de prêts stabilisées à un niveau très bas. Le pouvoir d'achat immobilier est en berne : 80 % des ventes non abouties le sont car il manque aux acheteurs entre 5 000 et 10 000 €.

Face à ce constat, Bernard Cadeau s'interroge sur la nature des mesures annoncées ce matin par le gouvernement : "Dans l'état actuel des choses, d'autres mesures plus essentielles ne seraient-elles pas plus légitimes et plus efficaces ? Il est capital de débloquer le marché immobilier et de redonner confiance aux investisseurs. Chez ORPI nous encourageons depuis de nombreux mois à la mise en place d’une politique simplifiée pour inscrire le logement dans une logique cohérente et de long terme ".

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