Commerce

Peur sur le commerce

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L’actualité ne manque pas d’ironie. A l’heure où Virgin baisse définitivement le rideau, le Siec ouvre ses portes pour une nouvelle grand’messe de l’immobilier commercial. Au-delà de la coïncidence, le télescopage de ces deux évènements est le révélateur d’une situation inédite dans le monde du commerce. Inédite parce qu’elle cumule, pour la première fois, quatre facteurs majeurs : une érosion historique de la consommation, une baisse inquiétante des chiffres d’affaires des enseignes, une mutation profonde et rapide des formats traditionnels de commerce sans oublier une inflation préoccupante des mètres carrés commerciaux.

Sur le front économique, l’immobilier commercial, telle une digue, s’est longtemps cru à l’abri de la crise. A tort. 2013 signe résolument la fin de l’état de grâce pour une classe d’actifs qui doit faire désormais avec une détérioration des indicateurs macro-économiques.

Sur le front des enseignes, ensuite, c’est le grand barnum. Si les nouveaux concepts n’ont pas disparu – bien au contraire –, les formats traditionnels du commerce n’en finissent plus d’être challengés, voire déclassés. En tête de liste : le centre commercial qui ne ménage pas ses efforts pour attirer le nouveau consommateur que nous sommes tous un peu. Un consommateur qui choisit quand il achète, ce qu’il achète et où il achète. Bref, un consommateur qui choisit son canal et qui a repris le pouvoir.

Sur le front immobilier, enfin, le marché ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la recrudescence des mètres carrés commerciaux en France qui reste le premier marché d’Europe de l’Ouest pour les ouvertures de centres commerciaux. Selon le dernier rapport European Shopping Center Europe délivré par Cushman & Wakefield, 1,1 million de m2 sont programmés à l’horizon 2014… dont 60 à 65 % devraient effectivement ouvrir. Ces mètres carrés ont une petite particularité : ils s’inscrivent en concurrence avec d’autres mètres carrés commerciaux.

Plus que jamais, le commerce se trouve à la croisée des chemins. Pour ajouter à la confusion, citons le rapport « Modernisation de l’action publique » du président de la région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne qui n’épargne pas les SIIC, dont les trois plus grandes capitalisations sont aussi les majors de l’immobilier commercial. Cerise sur le gâteau : ce rapport propose de réformer le statut fiscal sur lequel elles s’appuient en renforçant leurs obligations de distribution de dividendes.