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Rénover le parc existant, une nécessité

La France est un vieux pays. Ses bâtiments le sont aussi et ont été, pour la plupart, conçus à une époque où la notion de performance énergétique n’existait pas. Comme les constructions neuves représentent seulement 1 à 2 % du parc existant chaque année, on comprend que le Grenelle appelle des efforts importants sur ce dernier. La loi Grenelle 1 du 3 août 2009 impose ainsi une réduction globale de la consommation de 38 % d’ici 2020 pour le bâtiment et une obligation de travaux d’amélioration dans le tertiaire entre 2012 et 2020. (voir glossaire)
Si la volonté affichée est louable, la mise en pratique s’annonce délicate. Florilège de quelques enjeux. Premièrement, nous ne connaissons pas bien aujourd’hui les consommations du parc. Comment atteindre des objectifs de réduction sans savoir d’où l’on part ? Il est impératif de mettre en place dès à présent un système de mesure uniformisé et basé sur les consommations réelles du bâtiment.
Deuxièmement, les technologies pour améliorer la performance énergétique dans l’existant restent hésitantes. Comment, par exemple, traiter un bâtiment haussmannien qui ne peut être isolé par l’extérieur ?
Enfin, les investissements sur les travaux de rénovation présentent des temps de retour longs ; il faut réduire les coûts mais aussi aménager la fiscalité pour rendre ces investissements plus supportables.
Au-delà du bâti, n’oublions pas l’efficacité des équipements de régulation, ainsi que le rôle de l’exploitant et de l’utilisateur qui peuvent faire baisser vite et significativement les consommations par un comportement responsable.
Le groupe de travail « tertiaire privé » du Plan Bâtiment Grenelle a fait des propositions précises sur ces points avec deux objectifs majeurs : réussir cette mobilisation grâce à une action cohérente ; impliquer tous les acteurs du secteur en privilégiant la pédagogie.

La chronique développement durable de Serge Grzybowski, Président-directeur général d’Icade 64.03€ | -0.30%

Le glossaire « impertinent » du DD :
Mais pourquoi moins 38 % en 2020 ? Ce chiffre s’appliquerait à la consommation globale du parc existant estimée à environ 250 KWh/m²/an. On tomberait ainsi à 150 KWh/m²/an en 2020. Il s’agit là d’une moyenne globale. Certains bâtiments seront au dessus, d’autres en dessous. Nous ne sommes pas sûrs non plus du point de départ des 38 %. Et, pour le moment, ce chiffre n’est pas détaillé par typologie d’actif. On nous a donné un cap, nous attendons de savoir comment tenir la barre !

Mots-clés : Serge Grzybowski, Icade