Logement

"Pourquoi donc le prix du logement a-t-il régulièrement monté en France et ne baisse-t-il pas plus ? La raison est que le ménage français fait du logement le point central de sa stratégie patrimoniale."

Jean-Paul Betbèze, directeur du pôle études économiques Groupe Crédit Agricole.

C'est ce qu'a déclaré Jean-Paul Betbèze, directeur du pôle études économiques Groupe Crédit Agricole, dans une tribune publiée dans le quotidien Les Echos et intitulée "Comment faire baisser les prix de l'immobilier".

"C'est le contraire d'un comportement spéculatif : le Français veut être propriétaire, il veut un logement de qualité, durable, pas un logement « bien de consommation » ou « actif financier » qu'il vendra pour faire une affaire, poursuit-il. Dire alors qu'il serait
« souhaitable » que le prix du logement baisse de 10 à 20 %, c'est dire qu'il serait souhaitable que les Français perdent 5 % de leur patrimoine, voient mise en cause leur stratégie d'épargne, et que les ménages jeunes, souvent endettés pour longtemps avec l'idée de créer un foyer, fassent la pire affaire de leur vie. Car si cette forte baisse se produit, les Français vont épargner plus et demander plus de salaires,
« pour se refaire ». Le contraire de ce qui est recherché."

"Comment faire baisser en France le prix du logement sans déprimer les ménages et l'économie ? Tout simplement en regardant comment se crée ce prix : il comprend le coût de la construction (pour 1 200 à 1 500 euros par m2) plus des frais de normes, de fiscalité et de charge foncière ! On voit l'écart et l'économie à faire. Et si on commençait en se disant que le prix du foncier peut baisser en densifiant l'habitat ? Et si on ajoutait que les normes apportent surtout de la complexité et des exigences coûteuses (parking à voitures, à vélos, conditions d'accès) ? Et si la fiscalité en rajoutait sans raison ? Et si on soutenait le secteur locatif en aidant à sa rentabilité, pour fluidifier le marché ? Pas de surprise si le prix du logement résiste dans les grandes villes et baisse dans les petites ou en campagne. Il reflète les difficultés de l'économie et nos comportements : le ménage qui achète en moyenne et grande ville se dit qu'il fait un placement sûr et dont il profite, même cher. Pour sortir de cette logique, il faut traiter le foncier et les normes. C'est la vraie façon de faire baisser les « surprix » du logement, d'augmenter les salaires et de soutenir la compétitivité", conclut-il.

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