Commerce

Chronique CNCC : Les « Next Generation » et la crise

On le constate tous les jours, la première préoccupation des sociétés de l’immobilier commercial, comme du reste de l’économie d’ailleurs, est de procéder à des réductions de coûts partout ou cela est possible dans le but louable d’améliorer leur compétitivité et d’absorber les conséquences des baisses d’activités.

Les résultats de ces « cost cuttings » a été notamment de réduire les frais de déplacements, les participations à des conférences, à des salons, à des voyages d’études, à des formations dépassant le budget. Paradoxalement ces réductions ont touché celles et ceux qui en avaient le plus besoin c'est-à-dire ceux qui dans notre industrie doivent prendre le relai de la génération du « baby boom ». Réduire ces coûts, c’est leur refuser la connaissance et la diffusion des bonnes pratiques ; c’est leur refuser  la nécessaire immersion dans le monde des autres ; c’est leur refuser l’échange qui enrichit ; c’est réduire leur possibilité de se constituer un réseau.

Partout en Europe on avait pourtant identifié la problématique des «next génération», les problèmes qui se posaient à leur intégration dans notre industrie, et la nécessité de leur démontrer notre attractivité pour convaincre les meilleurs d’entre eux de nous rejoindre. Ainsi, des manifestations spécifiques étaient organisées, un réseau européen s’était aussi constitué qui s’était assigné pour objectif d’assurer l’intégration de ces jeunes talents à une industrie qui était en passe d’en manquer cruellement.

Malheureusement la crise est passée par là, les victimes des plans sociaux sont le plus souvent les moins expérimentés, et les déplacements sont couramment réservés par soucis d’efficacité aux séniors des entreprises. A court terme bien sûr la compétitivité des entreprises peut s’en trouver améliorée, chacune des crises apporte des gains de productivité qui conditionnent ensuite les croissances ambitieuses. Mais avec quels talents, avec quels collaborateurs expérimentés, bien formés et disposant d’un réseau puissant allons-nous demain nous développer et conquérir ces nouveaux marchés ?

Il est temps de reprendre les investissements en faveur de ces élites de demain, de comprendre que c’est seule cette « next generation » qui pourra incarner l’excellence de notre industrie. Veillons à leur ménager la place, le statut, les opportunités, le réseau qui valorisera leurs aptitudes. Soyons convaincus que c’est de la bonne gestion et que c’est crucial pour ménager l’avenir.

Rédactionnel de Jean-Michel Silberstein, Délégué Général du CNCC