Bureau

Au fond de la piscine

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L’immobilier de bureau n’en finit plus de prendre la crise économique en pleine face. En léger décalage avec les indicateurs macro-économiques. A l’heure où les premiers signes d’une reprise de la croissance se font jour – quand bien même serait-elle sans emploi pour le moment – Immostat-IPD livre une photographie impitoyable de l’état du marché des bureaux en Ile-de-France. Retenons deux chiffres symboliques de toute la difficulté du secteur locatif : une dégringolade de 48 % de la demande placée au 3e trimestre 2013 par rapport au 3e trimestre 2012 et une prévision de take-up en-deçà de la barre symbolique des 2 millions de m². Un niveau que l’on avait plus vu depuis 2009 (année post-Lehman Brothers), à quelques encablures du point bas historique de 1,5 million de m² commercialisés en 2002 (année post-explosion de la bulle Internet)

Le marché francilien paye cash la panne des transactions de plus de 5 000 m², un marché divisé par deux en l’espace d’un an. Autre élément d’explication avancé : la chute de la moitié des clés-en-mains et des comptes propres qui ne représentent plus que 500 000 m². Deux signes qui montrent que les entreprises n’ont pas retrouvé le chemin de la confiance. Pire, elles sont entrées dans une phase glaciaire. « Le moteur de la recherche d’économies s’est complètement arrêté, les entreprises qui n’ont pour motivation que l’abaissement de leurs coûts immobiliers se contentant de renégocier leur bail », analyse très justement Jacques Bagge, directeur du département Agence de Jones Lang LaSalle.

Et maintenant, quel avenir pour le marché ? Les plus optimistes, à l’instar de CBRE, se raccrochent aux négociations en cours sur des grandes surfaces pour viser la barre des 2 millions de m². Déjà un premier signe de dégel. Les plus pragmatiques attendent au moins la stabilisation des emplois salariés en Ile-de-France avant d’espérer un rebond de la demande placée de bureaux. Ce sera pour 2014, pronostique Richard Malle, directeur Research France, BNP Paribas Real Estate, alors que cette année, quelque 15 000 emplois tertiaires auront été détruits dans la première région économique européenne. Autrement dit, avec une prévision de  1,8 million de m² de bureaux placés, on toucherait le fond de la piscine. Toute la question est de savoir combien de temps le secteur pourra tenir en apnée.