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Et si 2014 sonnait la fin du "bashing" immobilier...

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Newsweek a piqué l'orgueil des français en publiant un article dans la plus pure tradition anglo-saxonne du "french bashing". On ne reviendra pas sur les inexactitudes et autres inepties qui ponctuent cet article et qui alimentent la blogosphère depuis le début de la semaine. Mais, on ne peut s'empêcher d'oser un parallèle entre la vision grossièrement déformée que certains se font de l'économie française et celle volontairement caricaturale que d'autres alimentent sur l'immobilier. Une autre forme de "bashing" (et même d'auto-bashing) contre lequel il faut lutter. Illustration avec trois idées fausses.

1. L'immobilier est trop cher, il menace la compétitivité de la France, il faut donc réguler les prix. Faux pour l'immobilier d'entreprise. En valeur absolue, les loyers de bureaux ont baissé au cours des 10 dernières années. Idem en logistique. Si le prix du résidentiel a flambé, en particulier dans les grandes agglomérations, c'est faute d'offres. A la différence de Cécile Duflot obnubilée par l'encadrement des loyers, François Hollande l'a compris et passe en force, à coups d'ordonnances, pour lever les freins à la production de logements. L'immobilier pourrait ainsi devenir l'illustration d'une politique économique de l'offre prônée par le président de la République, qui tranche avec des années de soutien de la demande.

2. L'immobilier cumule les niches fiscales. En fait, l'immobilier est une vache à lait fiscale qui ne s'exonère pas de l'impôt sur le stock (ISF, taxe foncière...) comme sur le flux (droits de mutation...). Les fameuses incitations ne sont souvent que des amortisseurs qui viennent corriger tantôt une accumulation de taxes, tantôt une dérive des taux. En attendant, sans carotte fiscale, les investisseurs ne suivent plus. Il suffit de constater les piètres scores du dispositif Duflot dans le logement neuf. Mais, pire, l'immobilier est au cœur d'une instabilité fiscale permanente qui reste le premier frein à l'investissement, domestique comme international. Il n'échappe pas non plus à une forme de masochisme, à l'exemple de certains élus locaux de la périphérie parisienne qui se sont tirés une balle dans le pied en approuvant une refonte de la RCB (redevance pour création de bureaux). Résultat : les opérations ne sortent plus.

3. L'immobilier, c'est la rente. C'est aussi une économie de projets avec des emplois directs, indirects et induits non délocalisables. Dans la construction principalement, mais aussi dans les services. Pour ceux qui ne l'avaient pas en tête : 100 000 € de travaux, c'est 1,5 emploi direct par an. Les SIIC se sont débarrassées de l'étiquette de niche fiscale que d'aucuns leur collaient car elles portent 17 Mds€ de projets. Derrière la rente, l'immobilier est aussi un support d'épargne qui trouve tout son sens dans l'inévitable montée en puissance des retraites par capitalisation. Enfin, l'immobilier peut être un laboratoire d'innovation et même l'un des piliers d'une 3e révolution industrielle pour peu que l'on croit Jeremy Rifkin quand il affirme que le bâtiment peut devenir une mini-centrale électrique à lui tout seul.

Et si en 2014, on prenait conscience que l'industrie immobilière peut être une source de croissance économique ?