Logement
Point de vue d'Anthony Perrat, Une Maison Bleue

Alur : Redonner de la confiance aux investisseurs va, en effet, dans le bon sens

Anthony Perrat, fondateur d'UneMaisonBleue, livre son analyse sur la nouvelle version du projet de loi Alur actuellement en discussion au Parlement.

Après avoir négligé l’avis des professionnels, pourtant connectés à la réalité du terrain, Mme Cécile Duflot semble désormais vouloir se libérer d'un certain dogmatisme. On peut saluer ce pas… Toutefois, il est nécessaire d’instaurer davantage de visibilité et de mettre en place des règles du jeu claires et stables dans le temps, afin de répondre aux attentes des investisseurs immobiliers.

En effet, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire, les investisseurs dans la pierre se différencient des spéculateurs. Ce ne sont pas des aventuriers, jouant à faire le maximum de profits avec les soubresauts des marchés. Ils recherchent un investissement sûr, pérenne et sur le long terme, pour préparer l'avenir, c’est à dire, dans le but de se constituer un complément de revenu, lors de leur retraite, avant de laisser un capital à leurs enfants.

Or, les évolutions successives de la réglementation ont provoqué de l'attentisme de la part des investisseurs et les ont même parfois fait fuir. Quoi de mieux, en effet, pour décourager les investisseurs, qu'une réglementation changeante (plafonnement des loyers, alors que les simulations d'investissement de départ ont été faites sur un montant précis pour rembourser l'emprunt…), sans visibilité (avec des modalités qui seront fixées ultérieurement par décrets d'application, par exemple), couplée d’une fiscalité instable (le mode de calcul de taxation sur les plus-values immobilières a changé jusqu'à 4 fois en 12 mois) !

Les impacts de ce manque de stabilité, au cours des trois dernières années, sont manifestes … Les chiffres parlent, aujourd'hui, d'eux-mêmes, puisque le nombre d'achats immobiliers locatifs s'est effondré, tant dans le neuf que dans l'ancien ; ce qui va totalement à l'encontre de la volonté du pouvoir politique de faire progresser l'offre de logements.

Il est, donc, indispensable, aujourd'hui, pour relancer l'investissement, de redonner de la confiance aux investisseurs sur la base de règles légales et fiscales stables, au moins sur le moyen terme.

Pour conclure : en France, l'investisseur sait qu'il va être mangé… mais il veut au moins savoir à quelle sauce, avant de s’engager pour 9 ou 15 ans !