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Boris the King, Bertrand l'absent

Boris Johnson et Bertrand Delanoë (photos d'archives). © LEON NEAL / AFP et JACQUES DEMARTHON / AFP

Boris Johnson se met en scène au Mipim, paradant sur le stand de Londres pour vanter les atouts de la locomotive immobilière européenne. Boris the King ! Bertrand l'absent... Si Paris, pardon le Grand Paris, se paye le plus grand stand de la croisette, ses premiers ambassadeurs se font discrets, et même transparents. Elections obligent, la plupart des élus locaux n'ont pas coché la case de Cannes et du Mipim sur leur agenda, laissant en première ligne les opérateurs privés. Quant à d'éventuels ministres censés promouvoir l'attractivité de la France... passons.

Dommage, car au Mondial de l'immobilier, devenant de plus en plus un salon international de l'attractivité territoriale, Paris a quelques arguments à faire valoir face à Londres. La taille de son parc tertiaire, la moindre volatilité de son marché de l'investissement, la perspective d'un futur cycle de projets immobiliers et d'infrastructures avec la construction d'une nouvelle métropole... on pourrait y ajouter le professionnalisme reconnu des acteurs immobiliers, une stabilité politique (à défaut de fiscale), ou encore la performance de grands groupes français.

Des arguments qui ont de quoi séduire des investisseurs gorgés comme jamais de capitaux et en mal de produits. Toutes les études et autres baromètres produits à l'occasion du Mipim confirment un regain d'activité de l'investissement immobilier en Europe, avec une prime pour les trois grands marchés que sont la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France.

De ce gisement que représente l'immobilier, les anglais ne savent que trop bien l'exploiter. Les Français eux - incorrigibles latins - se complaisent dans une plainte permanente. Ici, c'est l'AFTRP accusée par le DAL de brader le patrimoine public quand elle s'en va vendre ses opportunités foncières !? Là, c'est un maire montré du doigt pour avoir autorisé la construction de bureaux à la place de logements, comme si la France avait vocation à devenir un immense dortoir. Spéculation est l'insulte préférée d'une caste d'ignares qui a oublié le sens premier de ce mot : l'acception du risque.

On pourrait en rire si les gouvernements n'avaient pas successivement pliés sous la vox populi. La loi Alur, qui encadre les loyers pour mieux protéger les locataires, va tout simplement faire fuir les investisseurs privés (les institutionnels ont compris depuis longtemps). Le projet de loi Pinel, qui vise à défendre la boulangère ou le boucher du quartier, pourrait les forcer à quitter les lieux plus vite que prévu. De l'autre côté de la Manche, Boris se marre !

Boris Johnson au micro de Business Immo Live lors du Mipim