Logement
Point de vue de Bernard Cadeau, Orpi

Oui, repenser la politique du logement est une priorité !

Bernard Cadeau, président du réseau Orpi, réagit au discours de politique générale de Manuel Valls.

Je salue le maintien par le nouveau Premier ministre d’un ministère plein du Logement, proposition que le réseau Orpi soutient et défend depuis de nombreuses années, alors que notre secteur connaît une situation de crise aiguë.

Je salue également la démarche autour des 50 mesures de simplification de règles et de normes, démarche qui répond au besoin de lisibilité pour tous les acteurs du secteur. Notre politique du logement souffre de son instabilité, de successions normatives. Il devient nécessaire de revisiter sa politique fiscale et de la rendre moins complexe et surtout incitative.

Je me réjouis que le Premier ministre mette l’accent sur les bailleurs privés, malmenés ces derniers mois, et qui constituent pourtant une clé de voute essentielle pour la vitalité de l’offre de logement dans notre pays (65 % du parc actuel !). Il est également important de ne pas mettre de coté les primo accédants et les classes moyennes, qui souhaitent retrouver du pouvoir d’achat. Pourquoi avoir si vite mis aux oubliettes le PTZ dans l’ancien ? Pourquoi un système fiscal des plus-values si pesant ? Pourquoi des conditions générales d’acquisition si complexes ?

La politique du logement française est trop frileuse. En Allemagne, des initiatives comme « 1 mark investi dans l’immobilier = 1 mark de moins sur sa feuille d’impôts » a eu un effet très bénéfique sur la relance du marché immobilier. Pour réussir ce pari, nous, avons besoin d’une politique gouvernementale plus volontariste. Dans un climat général toujours aussi anxiogène, les conditions de succès de la politique autour du logement reposent sur 3 clés.

La lisibilité est la première : les Français ont besoin d’avoir une vision globale, clarifiée et compréhensible du secteur. La durabilité est la deuxième : il est important dans ce secteur très légiféré, d’offrir une véritable stabilité. Aujourd’hui, on change tous les six mois de mesures ! Pour exemple : la baisse des plus-values en même temps que la hausse des droits de mutation. La simplification est la troisième : revisitons une bonne fois pour toutes la fiscalité française et faisons-la enfin reposer sur des règles simples et faciles à mettre en œuvre.

Aujourd’hui plus que jamais, pour dynamiser le marché, il est important de restaurer la confiance des Français, car en France il existe beaucoup de potentiels, beaucoup d’épargnants qui sommeillent et n’attentent qu’un signe positif pour se lancer et se révéler. Donnons juste envie. En revanche, sans vision globale et sans prise de recul, des mesures ponctuelles et confuses ne suffiront pas.