Territoires

"J’ai retiré des annonces de Manuel Valls envers les collectivités, un sentiment d’improvisation total, qui me conforte dans l’idée que...

Arnaud Bazin, président du CG 95 © D.R.

...les socialistes n’ont pas de véritable projet pour notre pays". Arnaud Bazin, président du Conseil général du Val d'Oise a réagi aux annonces de Manuel Valls. Il développe : "Depuis 2012, leur gouvernance n’est qu’une longue et pénible fuite en avant. Ils ont commencé par rétablir la clause de compétence générale. 18 mois plus tard, ils veulent la supprimer. François Hollande voulait jusqu’à présent inciter les Régions au regroupement. Manuel Valls, lui, prévoit d’employer la coercition, mais après, bien évidemment, les prochaines élections régionales qui devraient être très défavorables à son camp".
 
Et l'élu poursuit : "Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, a engagé la réforme du mode de scrutin et des cartes cantonales, soi disant pour conforter les départements. Alors que cette tâche est toujours en cours, Manuel Valls, Premier Ministre, annonce la suppression des Conseils généraux pour 2021, soit 4 ans après la fin du mandat du Président Hollande. C’est un pur effet d’annonce".
 
Arnaud Bazin enfonce le clou : "Le gouvernement précédent nous présentait les métropoles comme la panacée en matière de gouvernance des grands centres urbains. Après des élections municipales catastrophiques pour la gauche, les métropoles, dont celle de Paris, seront gérées majoritairement par la droite et le centre. Manuel Valls n’a pas dit un mot hier sur le sujet, alors que tout, quasiment, reste à faire et que les interrogations sont grandes. Signe d’un désintérêt du pouvoir pour les monstres qu’il a créés et qui, comme dans le roman Frankenstein, lui échappent désormais ?"
 
Le président du Conseil général du Val d'Oise ajoute : "On va lancer la 3e révision des Schémas de coopération intercommunale en l’espace de 4 ans. Je rappelle que la seconde est en cours actuellement en Ile de France, pour l’application de la loi MAPAM de janvier dernier...".

Il conclut : "Une seule annonce me semble sérieuse, précise et immédiate. La réduction des transferts aux collectivités locales de 10 Mds€ dès l’an prochain, après l’effort de 1,5 Md€ en 2014. Cette politique empreinte d’esprit comptable aura des effets tout à fait directs : moins de services publics locaux, moins d’investissement public local, au détriment de nos concitoyens et de nos entreprises".