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Les banques font leur grand come-back

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Après le mur de capitaux, c'est au tour du mur du financement de submerger le marché de l'immobilier d'entreprise européen et par ricochet, le marché français. ADIA avec Les Docks Lyonnais. Coeur Défense avec Lone Star. Beaugrenelle et ses investisseurs privés. La tour First en cours de refinancement. Marchant dans les pas des fonds souverains et des majors anglo-saxons qui tiennent clairement la France dans leur viseur, les banques font, elles-aussi un come-back remarqué dans l'Hexagone avec de grosses, de très grosses opérations à financer. "Depuis l'été 2012 et le refinancement du Lumière à Paris, le marché du financement entre dans une nouvelle ère. Le paysage bancaire a effectué sa mutation", expose Delphine Benchétrit, directrice associée de Finae Advisors qui intervenait hier matin dans le cadre d'une conférence organisée par Business Immo sur le thème "Loyers, rendements, financement : les fractures immobilières à venir" aux côtés de Jean-Pascal Bus (Norton Rose Fulbright), Laurent Camilli (Easton Corporate Finance) et Béatrice Guedj (Grosvenor).

Les banques sont de retour : oui mais lesquelles ? Aujourd'hui, pas de quartier, elles sont toutes à la manoeuvre. Les traditionnelles avec les françaises et les allemandes qui sont plus que jamais de la partie. Les anglo-saxonnes qui font un retour remarqué à l'instar de Bank of America Meryll Lynch sur Coeur Défense. Les prêteurs alternatifs enfin - assureurs et fonds de dettes en tête - qui se sont créés une petite place au soleil. Ces banques, elles sont de retour avec une religion, une seule : une prime au sponsor avec un écart de 110 à 130 pb à LTV équivalente selon la qualité du sponsor, une prime aux actifs core et enfin une prime à l'équipe d'asset management. Résultat : la redistribution des rôles au sein du marché des acteurs du financement accouche d'une nouvelle cartographie bancaire avec, à la clé, un élargissement du spectre d'intervention à plusieurs échelles. A l'échelle des actifs avec le financement de sujets plus opportunistes comme la logistique qui commence même à intéresser les prêteurs allemands. A l'échelle des délais de financement avec des durées très courtes, de 3 à 4 ans même pour certains fonds de dette. A l'échelle des ratios de LTV enfin qui peuvent espérer tangenter les 70 %. Il n'y a guère la titrisation, dont l'objectif est premier d'apporter de la liquidité au marché, qui ne soit, pour l'heure, pas (encore ?) revenue sur le marché français.

> La conférence organisée par Business Immo sur le thème "Loyers, rendements, financement : les fractures immobilières à venir"