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Loué soit Arnaud

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Arnaud Montebourg reprend à son compte une ordonnance relative à la procédure intégrée dans l'immobilier d'entreprise. Fini la sempiternelle succession d'enquêtes publiques, d'études d'impact et autres concertations. Demain, avec cette procédure intégrée, c'est une accélération prévisible des projets, dont certains sont encalminés depuis des lustres.

Il s'agit là de l'une des mesures phares du gigantesque chantier de la simplification, dont les fondations sont examinées depuis hier par les députés. L'aboutissement du travail initié par Guillaume Poitrinal et Thierry Mandon (depuis remplacé par Laurent Grandguillaume) à la tête du Conseil de la Simplification, que quelques mauvaises langues avaient qualifié de nouveau "comité Théodule". Un peu hâtivement visiblement.

C'est aussi la première réelle bonne nouvelle pour l'industrie immobilière encore sous le choc de la loi Alur et dans l'attente des effets dévastateurs de la loi dite "Pinel". Car le moins que l'on puisse dire, c'est que la succession de gouvernements ces dernières années - de droite comme de gauche - a apporté davantage de trouble que de clarté dans un secteur qui pèse pas loin d'un cinquième du PIB français. Atermoiements sur la transition énergétique (dont le bâtiment est un des premiers leviers), impossible réforme territoriale, sans oublier l'instabilité fiscale chronique qui se double de quelques sottises comme la hausse subite de la RCB (Redevance pour création de bureau) un 31 décembre au soir ou la taxation "incitative" des bureaux vides... On peut dire que l'immobilier a été servi un peu plus que les autres dans cette politique d'essuie-glace.

Et c'est maintenant que l'on découvre que l'industrie immobilière peut être un contributeur à la croissance économique française. Lors des dernières Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes Publics, a estimé que le logement était au cœur de la trop faible croissance économique, relayant un appel de Louis Gallois, commissaire général de l'investissement, à relancer le logement, "facteur de compétitivité". Un secteur qui représenterait à lui seul une croissance de 0,4 % "s'il allait normalement". Imaginons, un instant, si l'on raisonne sur l'ensemble du spectre immobilier !

Pour libérer ce potentiel, la simplification des règles d'urbanisme pourrait être une première brique. Derrière la truelle, on retrouvera Thierry Mandon - en prise directe avec le Premier ministre depuis son poste de secrétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat et de la Simplification - mais aussi Arnaud Montebourg, ministre de l'Economie. Vous savez celui qui en 2012 estimait que l'immobilier était un secteur "abrité de l'économie" où l'on faisait "beaucoup d'argent sans finalement trop se fatiguer". Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Loué soit Montebourg.