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Paris, Paris, Paris

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Ce n'est pas une surprise, plutôt une confirmation : Paris fait encore tourner la tête des investisseurs internationaux. La dernière transaction signifcative du marché - l'acquisition du 32 Blanche par le Canadien Omers, la branche immobilière d'Oxford Properties Group pour la bagatelle de 263 M€ - est une pierre de plus dans le jardin des partisans de l'attractivité de notre place. Avec cette prise disputée, Oxford Properties Group signe sa première incursion en terre intra-parisienne. Le Canadien, qui voit décidément loin, mise sur une hausse des valeurs de l'immobilier d'entreprise grâce à l'amélioration des infrastructures via le projet du Grand Paris Express mais surtout à la reprise anticipée de la croissance économique dans les années à venir. Le 32 Blanche n'est donc que la première pièce dans l'échiquier de cet investisseur anglo-saxon qui a l'ambition de gérer, à Paris et rien qu'à Paris, 1 Md€ d'ici 3 à 5 ans en investissant dans des actifs sous-valorisés.

Malgré les mauvaises notes de la France sur le plan économique, en dépit de l'instabilité fiscale poussée à son comble, malgré l'hypertrophie règlementaire - que l'on tente de soigner un peu avec le Dr Thierry Mandon -, la marque Paris ferait donc encore vendre. Et vendre cher... Comme pour s'en convaincre, l'attractivité de la place parisienne s'est retrouvé au centre du colloque GRI qui s'est tenu la semaine dernière à Paris. Banquiers, conseils et investisseurs internationaux ont tous souligné les affres de la place française tout en reconnaissant le passage obligé que représentait Paris dans une stratégie d'investissement au minima pan-européenne. " Il y a finalement une certaine stabilité...dans l'instabilité", a souligné un des participants à un panel. "Mais Paris sera toujours Paris. Sa démographie, sa profondeur de marché, la productivité de ses salariés... quand ils travaillent, sont autant d'atouts", poursuit-il.

Le 15e indice européen de croissance régionale (E-REGI) de LaSalle Investment Management vient à point nommé pour confirmer cette conviction. Dans ce classement, Paris arrache la 2e place du point de vue de la demande immobilière, loin derrière Londres mais juste devant... Istanbul. Trois arguments extra-immobiliers expliquent ce rang : la forte présence de secteurs à haute valeur ajoutée, la taille de la ville et la réputation internationale de longue date. C'est peut-être aussi la victoire des grandes métropoles sur les allocations pays.