Bourse / Finance
Point de vue de Guillaume Fiastre, Taliance

Investissements alternatifs : l’adolescence, une étape vers la maturité

Le développement du marché immobilier et plus largement des investissements alternatifs, caractérisé par une phase de croissance rapide et une responsabilisation accrue des acteurs, peut être comparé à une période d’adolescence.

A première vue, le parallèle entre le développement du marché des investissements alternatifs et celui d’un adolescent n’est peut-être pas évident. Et pourtant de nombreuses similarités existent : la croissance rapide, le conflit avec les figures d'autorité et l’acquisition progressive d'une nouvelle maturité.

Comme un adolescent, le marché des investissements alternatifs, immobilier en tête, a vécu une croissance incroyable dans un très court laps de temps.

Au début des années 2000, les montants investis dans ce marché étaient de l’ordre de 2 500$ milliards, alors qu’aujourd’hui les anticipations pour 2020 sont d’environ 13 000$ milliards. Le marché aura quintuplé en moins de 16 ans selon PwC.

Les investissements alternatifs représentent également une proportion bien plus importante de l’ensemble des actifs sous gestion à l’heure actuelle. Ils sont passés de quelques pourcents d’un portefeuille à 15-20% d’allocation.

Au vue de telles proportions, le mot « alternatif » n’est plus vraiment adapté, certains préfèrent parler d’investissements de « spécialistes ».

Il est évident que si le secteur a connu une croissance phénoménale, le nombre d’actifs sous-jacents ne s’est pas multiplié de la même manière. Par conséquent, la concurrence est devenue féroce pour sourcer et acquérir des actifs de qualité. Les acteurs doivent donc être capables d’analyser les informations et prendre des décisions infiniment plus vite qu’auparavant, sans pour autant sacrifier les due diligences.

Cette croissance continue des investissements alternatifs est due à leurs particularités très attractives pour des investisseurs qui visent le long terme.

Les fonds de pension, les fonds souverains ou encore les investisseurs institutionnels sont très intéressés par la stabilité et les cash-flows que leur assurent ces investissements. En outre, la diversification vers ce secteur est devenue de plus en plus attrayante car la liquidité et les pratiques de risk management s’améliorent avec la croissance du marché. Tous ces facteurs contribuent à expliquer pourquoi ce secteur continuera de croître tendanciellement plus vite que celui des actifs financiers au cours des 5 à 10 prochaines années.

Non pas que le secteur soit exempt de problèmes. La crise de 2008 a été particulièrement violente et a entrainé une vague de nouvelles réglementations, qui représentent une étape importante dans le développement de ce marché en plein essor.

Pour l’industrie, c’était comme une crise d’adolescence. Des gros mots comme « subprime », « CMBS » et « liquidité » ont été prononcés et les autorités réglementaires ont rétorqué avec de nouvelles règles comme Dodd-Frank, Solvency II et AIFMD afin de rétablir l’ordre.

Compte tenu du poids actuel des actifs alternatifs dans le marché global, les asset managers font l’objet d’une attention de plus en plus soutenue de la part des investisseurs et des autorités réglementaires partout dans le monde. Ils doivent donc investir dans des systèmes qui, tout à la fois, les aident à se conformer à la réglementation, à faire face à une concurrence accrue et à réduire leurs coûts de plateforme ; ceci afin de répondre efficacement aux demandes toujours plus exigeantes de leurs clients.

Le marché est parvenu à surmonter de nombreuses « crises de croissance » de sa période d’adolescence mais il reste encore du chemin à parcourir avant d’atteindre sa phase de maturité.

En effet, des processus stratégiques tels que la gestion de la conformité, des risques, la politique d’investissement, sont encore systématiquement gérés manuellement avec des feuilles de calculs et celles-ci ne permettent ni la sécurisation, ni l’accélération des processus clefs.

Imaginez un homme d’affaires vêtu d’un jean et d’une casquette de baseball pour aller travailler. L’industrie s’entrave elle-même avec des solutions d’un autre temps. L’adolescent a grandi mais ses vêtements ne sont plus adaptés au monde auquel il appartient désormais. Il doit changer sa garde-robe.

Les acteurs du marché des investissements alternatifs font un travail fantastique, mais il est encore possible de faire bien mieux à condition d’adopter de nouveaux processus basés sur des solutions technologiques capables de les aider à développer leur potentiel.

Mots-clés : AIFMD, Solvency II, Dodd-Frank, PwC
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