Commerce
Point de de Jérôme Le Grelle, Convergences-CVL

Sortons des discussions de Café du Commerce !

Au Café du Commerce, les discussions vont toujours bon train et le pessimisme est plus que jamais de rigueur. “Le centre-ville fout le camp, la périphérie l’a tué. C’est la mort de l’hypermarché. Les ventes de textile se sont effondrées au dernier semestre. Le commerce traditionnel ne peut pas survivre à la concurrence “d’internet””, etc. La loi Pinel, qui tend à faire accroire que les difficultés du commerce de centre-ville seraient dues à la gourmandise excessive des propriétaires, vient donner raison aux visions corporatistes, sinon démagogiques.

Dans la presse spécialisée, les discussions s’enflamment, témoin la querelle sur la vacance, calculée en nombre de cellules vides par la fédération d’enseignes Procos, en manque à gagner locatif par les foncières, avec des résultats évidemment très différents. Tout ceci sur l’air de : il y a des menteurs parmi nous ! De réflexion sur les différentes formes et origines de la vacance et son évolution, hélas, on ne trouvera pas trace.

En période de mutation, les agents économiques ont pourtant besoin d’analyses objectives sur lesquelles fonder des projets d’avenir. Or les débats de chiffres, s’ils peuvent donner un temps l’illusion de la transparence, ont surtout pour effet de masquer the big picture. Il devient pourtant de plus en plus clair que nous assistons à une reconstruction profonde des marchés sur de nouvelles fondations. La relation avec le client, les manières de vendre, la gestion des réseaux ne peuvent plus s’appréhender sur les critères d’il y a trente ans. La proximité opère un retour en force, dans une définition entièrement nouvelle, faite de facilité, de confort, de gain de temps, de personnalisation. Foncières, enseignes, collectivités : toutes sont touchées au cœur même de leur métier. Il y aura forcément des dégats collatéraux, mais les positions corporatistes et les querelles de chiffres stériles sont bien la dernière chose dont le commerce a aujourd’hui besoin pour se renouveler.

La frilosité ambiante ne fait que mieux ressortir la détermination de ceux qui inventent aujourd’hui le commerce de demain. On ne saurait citer ici toutes les enseignes qui s’activent pour renouveler leur relation client, toutes les innovations poussées par les foncières ou les gestionnaires de gares. Les villes ne sont pas en reste. Ainsi Saint-Jean-de-Luz, avec son office du tourisme et du commerce, et son projet de compter les clients et de collecter les chiffres d’affaires réalisés par les commerçants. Pour une fois que les barrières s’effacent et que la transparence n’est pas l’alibi du corporatisme, cette belle entreprise mérite d’être saluée.

Mots-clés : Loi Pinel, Procos