Territoires

"La richesse des métropoles, les économistes l'ont démontré, ne se diffuse pas à l'extérieur, donc il faut que les régions portent l'ensemble des territoires sinon on va avoir une France encore plus inégalitaire", Alain Rousset, président de l'ARF

Alain Rousset © Jean Castera - Wikipédia

Alain Rousset, président de l'Association des régions de France (ARF), a appelé mardi à ne pas tout miser sur "la richesse des métropoles" dans la réforme territoriale, pour ne pas avoir "une France encore plus inégalitaire" qu'aujourd'hui.

Présentant ses voeux à la presse, le président (PS) de la région Aquitaine a estimé que des régions plus étendues, après la réforme du découpage, rendaient nécessaire plus de proximité.

Les bassins d'activité et leurs habitants "ont besoin de régions ayant des forces, des compétences et étant proches des territoires. Plus vous agrandissez les régions, plus nous avons besoin de nous rapprocher des entreprises et des territoires", a-t-il jugé.

Pour M. Rousset, il faut donc "réfléchir à des développements polycentrés". "La richesse des métropoles, les économistes l'ont démontré, ne se diffuse pas à l'extérieur, donc il faut que les régions portent l'ensemble des territoires sinon on va avoir une France encore plus inégalitaire", a-t-il argumenté. Selon lui, "il ne s'agit pas d'arrêter la dynamique des métropoles" mais "d'éviter un système de compétition entre territoires de proximité (...)".

Le président de l'ARF a d'autre part fait le voeu d'un "arbitrage clair du Premier ministre" Manuel Valls sur les compétences des régions et leur répartition avec celles des départements, actuellement débattues au parlement. "Nous, nous sommes prêts à foncer" mais "pour l'instant, on est dans l'incertitude", a-t-il dit à propos du projet de réforme territoriale NOTRe, que le Sénat a adopté mardi en première lecture, après l'avoir modifié.

M. Rousset a à nouveau réclamé "un texte ambitieux". En l'état, la réforme "dément la volonté du président de la République et du Premier ministre de renforcement des régions", a-t-il déploré. Alain Rousset s'est prononcé pour "un autre partage entre la décentralisation et le pouvoir d'Etat". "Si l'Etat veut faire face à ses compétences régaliennes", notamment pour la lutte contre le terrorisme, "il ne faut pas maintenir un Etat déconcentré sur les territoires", d'autant que, a-t-il estimé, la France n'a pas les moyens de "se payer les deux". Il s'est toutefois félicité que "les choses avancent" en matière de soutien des régions aux entreprises et à l'insertion des jeunes.

M. Rousset a confié par ailleurs avoir "de bons espoirs" que les régions récupèrent 70% de la CVAE (partie principale de l'ex-taxe professionnelle, dont elles ne perçoivent actuellement que moins de 25%) pour faire face aux nouvelles compétences que le gouvernement veut leur confier.