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Point de vue de Guillaume Fiastre, Taliance

[POINT DE VUE] Asset management : comment éviter les fausses notes ?

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Les montants investis dans l’immobilier d’entreprise en France ont connu une hausse de plus de 30% en 2014 selon CBRE. L’attractivité du marché immobilier ne se dément pas. Les assets managers doivent en conséquence faire face à un contexte concurrentiel fort, dans un environnement où l’offre reste limitée. Ils font également l’objet d’une attention de plus en plus soutenue des autorités réglementaires et doivent produire des reportings toujours plus fréquents et détaillés.

A l'heure actuelle, les asset managers se trouvent face à deux défis majeurs, ils doivent être capables de :
- saisir rapidement les opportunités mais sans sacrifier les due-diligences
- produire en temps voulu les analyses et reportings ad-hoc demandés par les autorités réglementaires ou par leurs clients

Des règlementations telles que l’AIFMD ou Solvency II mettent l’accent sur la transparence et la gestion des risques. En parallèle, les investisseurs veulent aussi plus d’information sur la manière dont sont gérés leurs actifs. Les asset managers doivent justifier leurs décisions et démontrer la cohérence de leur gestion. Ces demandes vont donc toutes dans le même sens. Néanmoins, Excel étant le principal instrument utilisé par les asset managers, orchestrer la consolidation de centaines de feuilles de calculs en temps réel pour étudier le résultat d’une décision au niveau d’un portefeuille ou plus complexe encore d’un fonds, ne se fait pas sans fausses notes.

Excel est une bonne partition pour les solistes. Mais analyser les risques au niveau consolidé est comme mener un orchestre : si les violons jouent juste mais les trompettes sont inaudibles, la critique sera mauvaise.

De nombreux investisseurs pensent qu’accélérer la prise de décision est aujourd’hui un enjeu majeur. J’ai entendu ce commentaire sur tous les continents, de la part de professionnels travaillant dans des sociétés très différentes, petites ou grandes

Une opportunité qui se présente dans la matinée peut aisément être sous option dans l’après-midi, les asset managers ont donc 2 options, soit ils se positionnent vite au détriment de l’analyse des risques, soit ils perdent l’opportunité parce que quelqu’un d’autre aura réagi plus vite. Sous cette pression, Excel démontre ses limites.

La majorité des analyses est encore l’œuvre de solistes. Même s’ils peuvent savoir à quoi ressemble leur scénario d’investissement en utilisant de très nombreuses feuilles de calculs, ils sont limités par la fragmentation de l’information, les ruptures dans les workflows et l’absence de traçabilité. Il leur est impossible de savoir si l’orchestre joue l’œuvre de concert.

Jusqu’à présent il fallait se contenter de systèmes de back-office pour analyser les actifs dits « alternatifs ». Mais aujourd’hui il existe des plateformes permettant aux front officers d’utiliser de manière harmonieuse des instruments performants d’analyse et de gestion des risques. Ces systèmes apportent une cohérence nécessaire dans l’utilisation des données et des calculs. Ils permettent de créer des analyses « what-if » pour évaluer de nouvelles opportunités en temps réel ou encore de bâtir facilement des scénarios de stress testing pour les autorités réglementaires.

A l’instar d’un orchestre, les sociétés d’asset management doivent utiliser des instruments parfaitement accordés, qui permettent à chacun d’exprimer son talent tout en garantissant l’harmonie de l’ensemble. Ramener toutes les feuilles de calculs en une seule partition n’est pas une chose aisée, mais, pour le plaisir de l’audience, le chef d’orchestre doit donner le « la ».

Mots-clés : AIFMD, CBRE, Solvency II, Mipim 2015
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