Bureau

[EDITO] Mer de liquidités et vague d’innovation au dernier Mipim

© apfelweile - Fotolia

Jamais autant de capitaux ne se sont déversés sur l’immobilier. Le Mipim, qui s’est tenu la semaine dernière, a témoigné de ce tsunami de liquidités qui s’abat sur le secteur. Un tsunami soutenu il est vrai par une surperformance historique de l’investissement immobilier au regard des autres placements, avec des primes de risque allant jusqu’à 400 points de base pour des actifs sans grand risque. La fenêtre de tir a vocation à se fermer, signe que la politique de « Quantitative Easing » de la BCE aura porté ses fruits, et l’immobilier pourra s’appuyer sur son second moteur : la croissance économique.

En attendant, cet afflux massif d’argent a le don d’aiguiser la concurrence entre les territoires qui, à l’occasion de ce type de grand-messe, se livrent à une compétition sans merci. Une saine émulation qui peut quand même trouver ses limites quand on se borne à les aligner sous un même chapiteau. Une fois de plus, on peut regretter que Paris et sa région – considérées à juste titre comme l’une des « Gateway cities » - nous ait proposé, une fois de plus, une succession de guichets et un empilement de projets immobiliers à défaut de construire un parcours pour les clients que peuvent être les investisseurs et les utilisateurs.

Sur ce mur de liquidités vient frapper, avec insistance, une vague d’innovations. C’est l’autre sensation du festival immobilier de Cannes. Plus exactement la véritable inconnue qui secoue les professionnels. Quels seront les impacts des nouvelles technologies sur l’industrie immobilière ? Ces start-up qui poussent un peu partout vont-elles réellement « perturber » la rente de certains ? Qui demain va capter la valeur ? Celui qui conçoit la boîte, l’enveloppe, l’immeuble ? Ou bien celui qui y place le logiciel à l’intérieur ? Cela rappelle des combats d’un autre temps, quand le David Microsoft a tué le Goliath IBM. Tous les « Schumpétériens » du monde louent cette destruction créatrice de valeur… à condition qu’elle touche le voisin.

Derrière les bulles de champagne, un soleil retrouvé depuis l’éclipse de 2008, et une euphorie grisante d’un secteur noyé sous l’argent, le Mipim sonne comme le début des grandes manœuvres d’une industrie où tout le monde veut éviter le syndrome Kodak.

> Retrouvez les projets présentés au Mipim 2015

Mots-clés : Mipim
Auteur
Business Immo