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[EDITO] I comme Icade

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La nouvelle gouvernance mise en place à la tête d’Icade 64.03€ | -0.30%  aura animé les gazettes politico-économiques de la semaine dernière - et accessoirement celles de l’industrie immobilière - marquant un nouveau feuilleton dans la saga immobilière de la Caisse des dépôts.

I comme Imbroglio. Le départ précipité de Serge Grzybowski juste avant le terme de son deuxième mandat sonne comme un camouflet pour la direction générale de la Caisse des dépôts, premier actionnaire d’Icade. Surtout, elle demeure incompréhensible pour les marchés – financiers comme immobiliers. Pourquoi y avait-il urgence à se séparer de Serge Grzybowski ? Serait-ce un désaveu de sa stratégie à la tête d’Icade ? Durant ces deux mandats, l’ex-Pdg d’Icade a réussi à mettre la main à bon prix sur la Compagnie de La Lucette et sur Silic, renforçant ainsi une stratégie de « fonciarisation » d’Icade qui a plutôt séduit les marchés financiers et s’est traduit par une amélioration de la performance de la société cotée.

I comme Inconstance. La nouvelle gouvernance mise en place, avec une séparation des fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général, laisse perplexe. Nommer Olivier Wigniolle, professionnel immobilier reconnu et qui plus est habitué des grandes maisons à la gouvernance fine, est d’un classico-classique. L’arrivée d’André Martinez est plus surprenante. Présenté comme l’ami de François Hollande, celui qui a été le conseiller spécial de Pierre Moscovici à Bercy est davantage un spécialiste de l’hôtellerie (Accor et Morgan Stanley) que de l’immobilier. Le lien avec l’activité d’Icade n’est pas évident. Plus déroutant encore serait l’arrivée de Sabine Baïetto-Beysson aux côtés du nouveau duo. Ce grand commis de l’Etat est surtout connu chez Icade pour avoir piloté, à la demande de l’ancien directeur général, Jean-Pierre Jouyet, une mission d’évaluation sur rôle de la SNI dans l’opération de cession par Icade de son patrimoine de logements locatifs à un consortium d’organismes HLM. D’aucuns y voient déjà « l’œil de Moscou ». En tout état de cause, pour celui qui ne maîtrise pas les dialectes de la rue de Lille, cet épisode à la tête d’Icade ressemble furieusement à une nouvelle passe d’armes au sein des baronnies de la Caisse des dépôts. Des baronnies que Pierre-René Lemas, l’actuel directeur général, a promis de casser. Tout comme l’avait déjà tenté son prédécesseur.

I comme Innovation. L’épisode de la gouvernance se télescope avec le lancement d’une nouvelle politique de l’innovation lancée par la foncière. Une stratégie loin d’être aussi anecdotique que certains voudraient l’y cantonner. Comprendre les mutations de son écosystème pour mieux s’y adapter est aujourd’hui un fil directeur qui anime toutes les grandes entreprises et que le bras armé financier de l’Etat se doit de porter au nom de l’intérêt général.