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[EDITO] Ma foncière bien-aimée

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Le bal des résultats semestriels des foncières cotées touche à sa fin. Qu’en retenir au-delà de l’annonce de la trêve estivale ? D’abord que les cash-flows ont dans l’ensemble plutôt bien résisté, voire ont même légèrement progressé chez les meilleurs élèves alors que la pression sur les loyers demeure (toutes classe d’actifs confondus), que le moteur de l’indexation semble durablement à l’arrêt et que celui de la renégociation des baux reste plus que jamais destructeur de valeur. La plupart des SIIC ont su trier le bon grain de l’ivraie pour se concentrer sur le remplissage de leur immeuble. C’est un premier signe d’un réel savoir-faire des équipes d’asset management.

Le premier semestre 2015 aura consacré aussi le retour des foncières sur le marché de l’investissement. Non seulement, les SIIC sont revenues à l’acquisition, mais elles ont su se positionner sur les méga-deals, à l’image de celui de Gecina 139.60€ | -0.25%  sur le portefeuille Ivanhoé Cambridge. S’il ne s’agit pas de se lancer dans une compétition effrénée avec les OPCI/SCPI, institutionnels et autres fonds souverains gavés de capitaux, les foncières montrent qu’elles peuvent activer plusieurs leviers pour étoffer leurs patrimoines. Pas seulement celui du développement (qui en fait leur force), ni celui des sale & lease back (qui a assuré leur décollage). C’est la manifestation d’une santé financière recouvrée.

Et cette santé financière vient d’une fenêtre de tir incroyable en termes de taux d’intérêt. Encore fallait-il savoir en tirer partie pour renégocier à bon compte son passif. Les résultats du premier semestre ont donné lieu à une petite compétition de la SIIC affichant le coût de la dette le plus bas. A ce petit jeu, le champion toutes catégories Unibail-Rodamco 241.30€ | -0.94%  avec une dette ramenée à 2,3% s’est fait challenger par Gecina (2,3% également pour la dette tirée) ou encore Mercialys 21.60€ | -1.12%  (2,1% pour la dette tirée). Malmenées par la crise financière, les SIIC ont aussi su non seulement rebondir, mais entretenir, sous la pression des marchés financiers, une certaine orthodoxie financière qui maintient leur ratio de LTV sous le seuil des 40%. Chat échaudé craint l’eau froide.

Au final, les résultats du premier semestre 2015 traduisent une professionnalisation sans précédent des foncières cotés qui conservent leur capacité distributive. Une professionnalisation qui est la marque que les SIIC deviennent des acteurs industriels d’un secteur économique plus jamais résilient. Au sens premier du terme.

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