Commerce

[EDITO] Ciel, my shopping

Le lien entre le commerce et le tourisme ne saute pas aux yeux de prime abord. Et pourtant, c’est l’un des arguments mis en avant de plus en plus souvent par les grandes agglomérations. Comme souvent, les Anglais ont tiré en premier. Londres s’enorgueillit d’avoir tiré profit de ses 18,8 millions de touristes qui font tomber chaque année quelque 34,5 Mds€ de recettes pour devenir l’une des places fortes du commerce en Europe, voire même dans le monde. On ne sait qui de Buckingham Palace ou d’Oxford Street, de Big Ben ou de Bond Street, de la Tate Modern Gallery ou de Westfield London attire le plus de touristes. Toujours est-il que Londres a mis le commerce au cœur de sa stratégie d’attractivité.

Paris s’inscrit dans la voie tracée par la Capitale britannique avec les mêmes ambitions et peu ou prou la même stratégie. D’autant qu’au rayon culture et histoire, elle ne manque pas d’arguments. La loi Macron sur les 12 nouvelles zones touristiques parisiennes permettant aux commerces d’ouvrir le dimanche – et parfaitement corrélées aux principaux spots commerciaux de la Capitale - va apporter ce lien qui pourrait permettre à Paris de se comparer à sa consœur britannique. Et peut-être même de consolider la place de première ville européenne pour le shopping qu’elle revendique déjà.

Sans entrer dans un débat sans fin sur le devenir de ces villes-monde – que d’aucuns voient tantôt comme des musées à ciel ouvert, tantôt comme des centres commerciaux permanents – cette petite réforme de Macron pourrait rebattre les cartes du paysage immobilier parisien. A Londres, le conseil immobilier Savills rappelle dans une étude que, depuis 2012, près d’une centaines d’enseignes internationales ont ouvert des boutiques dans les quartiers commerçants de Londres. En parallèle de l’explosion du tourisme, la ville a connu une augmentation des investissements étrangers sur l’immobilier de commerce, qui représente 60% du marché à 2,1 Mds€.

Qu’on le souhaite ou non, Paris n’échappera pas cette vague. D’autant que les investisseurs, internationaux comme institutionnels, ont toujours plus d’appétit pour l’immobilier de commerce en dépit de la morosité économique, de la faiblesse de la consommation et de l’émergence du e-commerce. Un appétit qui se justifie par un espoir de progression des valeurs locatives. A Londres, les loyers prime en zone A ont augmenté de plus de 20% en trois ans. Du coup, les enseignes cherchent à acquérir les murs de leur commerce pour se prémunir de nouvelles hausses. C’est le revers de la médaille de l’attractivité.

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