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Point de vue de Gérard Degli Esposti, OID

[POINT DE VUE] Nouveaux modes de travail et bien-être : la nécessaire mutation de l’immobilier

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Les modes de consommation et de production se modifient fondamentalement du fait de la révolution numérique. Les impacts sont significatifs également pour les modes de travail, tant au niveau de la nature des organisations que des espaces physiques. La porosité entre temps de travail et temps personnel est de plus en plus forte, rendue possible par les outils numériques. Il s’agit de changements sociologiques majeurs, auxquels les entreprises doivent s’adapter. La multiplication des lieux de travail, tels que les espaces de coworking, confronte les entreprises à de nouveaux enjeux dans la gestion de leurs espaces de travail.

Quelles sont les attentes en matière de bien-être vis-à-vis des entreprises ?

Les entreprises font face à des attentes croissantes en matière de responsabilité sociétale. La RSE, ou la prise en compte des impacts de l’entreprise sur son environnement, devient par obligation ou pas un incontournable pour un nombre croissant d’entreprises. Elle apparaît comme un levier de compétitivité, une source d’innovation et un facteur d’adaptation aux nombreux bouleversements auxquels les entreprises sont confrontées.

Dans ce contexte, la qualité de vie devient un enjeu essentiel au cœur de la RSE. Cela influe sur la motivation du personnel et par conséquent sur la performance de l’entreprise. La qualité de l’air, la lumière, le niveau sonore, l’agencement de l’espace, l’accès à des espaces verts, l’offre de services, la présence de commerces et services à proximité, font partie des éléments à prendre en compte. La notion de bien-être dans les lieux de travail va s’institutionnaliser.

A quelles problématiques spécifiques le secteur immobilier doit-il faire face ?

L’immobilier fait face à des enjeux significatifs en matière de RSE. Les impacts environnementaux (empreinte carbone, consommation de ressources, biodiversité) et de gouvernance (politique d’achats responsables, formations) sont manifestes. Par ailleurs, la prise en compte des attentes en matière de confort et bien-être au travail doivent se traduire dans une offre d’espaces de travail adaptés, dans l’organisation des lieux, dans la proposition d’une offre de services et non pas uniquement d’espaces. Les tiers lieux se développent, offrant l’accès à des espaces de travail adaptés et une place dans une communauté, et le domicile s’impose peu à peu comme un lieu de travail. Le secteur de l’immobilier doit intégrer ces nouvelles pratiques.

Comment cela se traduit-il en terme de création de valeur pour l’immobilier ?

Il s’agit pour les propriétaires d’adapter leur offre. Intelligence, du fait de la révolution du numérique, responsabilité, en raison des défis de la transition énergétique, flexibilité, sont les nouvelles attentes auxquelles les propriétaires doivent répondre. L’infrastructure doit s’adapter pour répondre aux besoins du travail collaboratif et du partage de connaissance, tout en prenant en compte le bien-être physique et mental des occupants.

Les espaces de coworking, les télécentres ou les incubateurs, proposent des modèles modulables et moins contraignants en terme d’engagement contractuel. La frontière n’est pas si nette cependant : certains propriétaires ont conclu des partenariats avec des opérateurs de l’économie du partage pour leurs surfaces vacantes. Les propriétaires doivent faire preuve d’un savoir-faire orienté vers le service. Les opportunités de création de valeur à long terme sont multiples, et non plus centrées uniquement sur le loyer. L’immobilier doit être « créateur d’expériences et de communauté ».

Mots-clés : Gérard Degli Esposti, OID