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Point de vue de Grégoire Viasnoff, Schneider Electric France

[POINT DE VUE] Le bâtiment de demain : un partenaire bienveillant et productif

Le bâtiment de demain ne sera plus ce bloc passif monolithique, synonyme de surcoûts et problèmes d’exploitation, de contraintes pour ses investisseurs et gérants, ni de limitations et inconforts pour ses usagers, il sera au contraire l’allié productif et dynamique de secteurs d’activité variés : un bâtiment « partenaire » capable de contribuer au développement de leur activité.

Véritables alliés économiques de leurs exploitants, les immeubles abritant commerces, restaurants, hôtels, retail de luxe, bénéficieront de l’intégration d’un « socle » digital et ceci, dès leur conception. Le « standing digital » d’un bâtiment sera devenu indispensable à sa valorisation au même titre que la qualité de son architecture, sa situation ou encore son efficacité énergétique.

À cet effet, toutes les nouvelles constructions seront dans l’avenir, intégralement conçues et gérées en BIM, (Business Information modeling) soit dans une approche entièrement numérique, (de la conception à l’exploitation), qui permettra de sécuriser les plannings, réduire le TTM (Time to market), mais aussi de mettre un terme aux incidents de maintenance dus aux interventions successives de sociétés tierces,  réalisées en l’absence de plans et documents de références mis à jour. Transparents, mieux pensés, les ouvrages posséderont enfin un historique technique commun, accessible à tous les corps de métiers, tout au long de leur cycle de vie.

Cette optimisation bénéficiera aux bâtiments de taille moyenne, avec à la clé, des économies d’énergie et des gains d’exploitation permettant de mieux répondre aux nouveaux besoins immobiliers, dont ceux liés au vieillissement de la population. Dans la ville de demain, l’immobilier intelligent et évolutif aura cessé d’être l’exception réservée aux très grands édifices.

Des bâtiments bienveillants

Parmi les ouvrages promis à un développement exponentiel : un bâtiment « bienveillant » améliorant la qualité de vie de personnes vieillissantes devenues moins autonomes, ceci grâce à un environnement contrôlable et facilitateur de vie : chemins lumineux au sol pour guider les déplacements, alerte en cas de chute (ou lorsque le temps de l’occupant passé dans la salle de bain semble trop long)…

Les dispositifs d’urgence ne seront plus « cantonnés » aux bracelets d’alarme ou autres équipements contraignants ou peu discrets, car le bâtiment fournira à lui seul une domotique simplifiée remplaçant la télécommande aux 78 boutons et, si nécessaire, une veille médicale sécurisante pour les familles. Un contrôleur permettra ainsi de gérer des scenarii allant des fonctionnalités les plus simples aux plus intelligentes.

Grâce à celles-ci, les personnes dépendantes retrouveront une plus grande autonomie et sérénité dans tous leurs actes quotidiens assistées en cela par le bâtiment lui-même.

L’excellence digitale, un nouveau critère pour le bâtiment

Dans les prochaines années, l’excellence des produits ne saura plus suffire ; les enseignes devront proposer l’excellence autant dans la distribution de leurs produits que dans la relation et l’expérience client. Garantir un service irréprochable à une clientèle exigeante s’appuiera sur le standing digital des bâtiments accueillant boutiques et flagships.  Ceux-ci devront pouvoir à la fois innover, créer l’événement et renouveler l’expérience sensible vécue par le client au contact de la marque.

Grâce aux nouvelles technologies sans fil (LiFi, EnOcean, Zigbee…), transformer rapidement un show room standard, une chambre d’hôtel, etc., en un lieu où vivre une expérience unique, n’impliquera plus d’interrompre l’activité pour tirer de nouveaux câbles. Il sera tout aussi aisé de créer librement des ambiances lumineuses et audiovisuelles pour scénariser un parcours client efficace.

Un bâtiment productif

Construire et fidéliser une clientèle, gérer au mieux ses attentes selon les heures de la journée, fera partie des possibilités inhérentes au bâtiment de demain. Pour un établissement de restauration, par exemple, cela signifiera simplement pouvoir accueillir le matin ses clients sous une lumière non agressive, avec un fond sonore dynamique sans être assourdissant ; le midi, augmenter la ventilation et l’éclairage pour faciliter les déjeuners-réunions et enfin, le soir, créer des ilots de lumière tamisée pour plus d’intimité ; soit la possibilité de contrôler trois ambiances dans un même lieu en vue de satisfaire une typologie de clientèle étendue, avec à la clé, un accroissement sensible de son chiffre d’affaires.

Les fonctionnalités digitales des bâtiments mettront définitivement fin à ces dysfonctionnements exaspérants et improductifs aux conséquences non négligeables : arriver fatigué dans une chambre d’hôtel trop froide, perdre un temps précieux dans un planning déjà serré à rechercher une salle de réunion pour un meeting improvisé, entrer dans un bureau aux lumières trop violentes pour les yeux ou mal aéré après un long usage, chercher vainement une place dans un restaurant, éloignée d’une sonorisation insupportable, etc.

Mais aujourd’hui, c’est déjà demain et se posent les premières briques digitales d’un socle commun aux bâtiments, qui s’étendra à tous types d’ouvrages dans un futur proche. Toute technologie a vocation à se diffuser rapidement, portée en cela par la baisse des coûts, mais aussi par des modèles économiques encore émergents qui auront rapidement trouvé leur viabilité. Le bâtiment aura alors accompli sa révolution en offrant à ses usagers et ses exploitants toute une gamme de services intégrés qui accompagneront et soutiendront leur activité. Productifs ou bienveillants, les bâtiments anticiperont, dès leur construction, et au contraire de leurs prédécesseurs, la possibilité d’évoluer vers de nouveaux usages.

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