Bureau

Recovery

Le Simi s’ouvre ce mercredi sur une série de statistiques plutôt positives pour l’immobilier de bureau. Le marché locatif francilien enregistre une reprise « plus rapide et plus solide qu’escomptée », à en croire les conseils. A preuve, Cushman & Wakefield recense une demande placée de 1,9 million de m² en Ile-de-France sur les 11 premiers mois, soit une progression de 36% par rapport à la même période de 2009. BNP Paribas Real Estate Transactions anticipe un take-up de 2,1 à 2,3 millions de m² pour 2010, ce qui correspond à un bon cru.
Au niveau de l’investissement, le marché est sorti de son atonie post-Lehman Brother, marqué par une poursuite de la hausse des engagements. Avec 9,3 Mds€ investis à fin novembre, Cushman & Wakefield note une progression de 19% des volumes. Le seuil des 10 Mds€ sera franchi, même si peu de professionnels s’attendent à une frénésie de deals d’ici la fin de l’année. Tous les signes d’un marché en sortie de crise, le fameux « recovery market » si cher à nos anglo-saxons, sont réunis.
Mais il flotte encore dans l’air un parfum de prudence. Le marché locatif reste très dépendant du niveau de la croissance économique que les tensions sur les dettes souveraines risquent de chahuter. La reprise du marché de l’investissement se voit limitée par la faiblesse de l’offre sur les actifs Core, le produit recherché en priorité par les investisseurs. « De nouvelles niches de marché pourraient émerger au cours des prochains trimestres », avertit BNP Paribas Real Estate. On pense en premier lieu aux ventes en Vefa, plus ou moins mâtinées de blanc, au vu de la relative rareté de bureaux neufs. On pourrait également assister à une accélération des ventes distressed. « Aujourd’hui, nous arrivons face à ce fameux mur du refinancement, et nombre de banques vont devoir céder un certain nombre d’actifs. La fenêtre de tir semble favorable aujourd’hui compte tenu du niveau des taux d’intérêt et de la liquidité du marché », affirme un avocat qui gère deux dossiers de ventes forcées. Une étude récente de DTZ estime les refinancements en France à moins de 4 Mds$, un volume bien inférieur à nos voisins européens (54 Mds$ au UK ou encore 33 Mds$ en Espagne), mais qui pourrait alimenter les tuyaux du marché dès 2011.