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Olivier Debains - Sovafim

Président de la Sovafim depuis 2006, Olivier Debains mène une stratégie de création de valeur au profit de l’Etat. Il dévoile sa stratégie pour 2011…

Business Immo : Quelles sont les spécificités de la SOVAFIM ?
Olivier Debains : La SOVAFIM est la seule entreprise publique, constituée sous forme d’une société anonyme dont le capital est détenu par l’Etat, dédiée uniquement à l’immobilier. Elle se situe donc entre l’Etat et les opérateurs privés du marché ; son activité de valorisation consiste à « transformer » des biens immobiliers publics complexes et peu liquides en biens immobiliers « privés ». Ce qui sépare un bien immobilier public de ce qu’en attendent les acteurs privés peut être important : la transformation nécessaire repose sur l’assemblage des savoir-faire techniques, juridiques et financiers. La SOVAFIM fonctionne sur le modèle du Private Equity, avec pour objectif de créer de la valeur au profit de l’Etat, propriétaire ou tuteur des propriétaires historiques de ces biens, mais également actionnaire unique de la SOVAFIM.

BI : Quel rôle peut jouer la SOVAFIM dans la politique de cession annoncée par François Baroin ?
OD : La liste des 1700 biens dont le Ministre a annoncé la cession au cours des prochains mois comprend des biens immobiliers très différents, par leur nature, leur localisation et leur valeur ; certains sont relativement liquides, d’autres le sont beaucoup moins. Le Ministre a par ailleurs insisté sur sa volonté de ne pas brader les actifs immobiliers de l’Etat
Dans ce contexte, et pour éviter que le souci de ne pas brader ses biens immobiliers conduise l’Etat à remettre sine die la cession de biens peu liquides dont il n’a plus l’usage, la SOVAFIM est disposée à acquérir ceux des biens dont la valorisation suppose un travail préalable de transformation ou de repositionnement.
 
BI : Comment vos missions s’articulent-elles avec celles de France Domaine ?
OD : France Domaine est le propriétaire, vendeur des biens immobiliers devenus inutiles ; la SOVAFIM est un acquéreur potentiel des biens mis en vente par France Domaine. La SOVAFIM n’est donc pas un opérateur auxiliaire de France Domaine, mais une entreprise publique autonome qui peut se positionner sur des actifs immobiliers mis en vente par l’Etat, les porter pour les restructurer éventuellement, avant de les remettre sur le marché dans les meilleures conditions.

BI : Quelle est votre stratégie de développement à plus long terme ?
OD : Aujourd’hui, la SOVAFIM travaille à la valorisation des actifs de l’immobilier de l’Etat. Nous sommes ainsi en discussion avec les ministères de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice, dont nous avons d’ores et déjà acquis un petit nombre de biens immobiliers, pour réaliser des opérations de valorisation de plus grande ampleur portant sur des portefeuilles de biens. En outre, dès que leurs schémas de stratégie immobilière auront été adoptés, c’est-à-dire d’ici un an, nous souhaitons réaliser des transactions avec des opérateurs de l’Etat.
En fonction de l’ampleur et de la réussite de ces opérations, nous nous poserons la question de savoir si la SOVAFIM peut et doit également s’adresser à d’autres clients publics, par exemple dans la sphère sanitaire-sociale.
 
Cette interview a été réalisée dans le cadre d'une édition spéciale dédiée à la SOVAFIM