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Big is (à nouveau) beautiful

Avec le retour des grandes opérations de fusions-acquisitions, c’est un nouveau cycle qui s’ouvre dans l’immobilier. ProLogis/AMB pour constituer un géant mondial dans la logistique, et maintenant le groupe CB Richard Ellis qui va mettre la main sur ING REIM. Cette méga-transaction, de 770 M€ (940 M$), englobe la totalité des opérations d’ING REIM en Europe et en Asie mais aussi la filiale américaine Clarion Real Estate Securities (CRES). Une 2e transaction portant sur Clarion Partners a également été conclue avec la société de gestion d’actifs Lightyear Capital.
De ces opérations, il faut retenir trois enseignements majeurs. Premier d’entre eux : cette vente - obligée - est une conséquence directe de la crise même si elle intervient dans un contexte de redressement des marchés immobiliers. On se souvient que c’est sous la contrainte du législateur européen qu’ ING a décidé de se séparer de sa branche gestion d’actifs immobiliers après le prêt de 10 Mds€ consenti à la banque par le gouvernement néerlandais au cours de la crise financière. Ce choix démontre tout le caractère résilient de l’immobilier, qui s’est révélé être la partie la mieux « vendable » d’ING.
Deuxième enseignement : dans un contexte de post-crise, ING a trouvé preneur auprès d’un major des services à l’immobilier, un vrai pure-player et non un fonds de private equity en quête de diversification sectorielle. Un signe qui sera sans doute de nature à rassurer les clients des deux groupes. La preuve aussi que les grands acteurs immobiliers ont mieux digéré cette période que les grands financiers de la place.
Troisième enseignement : cette fusion donne naissance à un géant dans le domaine des services immobiliers en général et de la gestion d’actifs en particulier. Le nouvel ensemble pèse lourd avec 72 Mds€ d’actifs gérés (respectivement 44,2 Mds€ pour ING REIM et 27,8 Mds€ pour CBRE Investors). « ING REIM, combiné avec nos opérations de gestion d’actifs existantes, nous permettra de répondre aux besoins des investisseurs institutionnels sur les marchés globaux avec un large spectre de programmes d’investissement et de stratégie », argue Brett White, chief executive officer de CB Richard Ellis. Big is beautiful ! Le paradigme a changé. Dans les services immobiliers, on n’avait plus vu cela depuis la fusion Insignia avec… CBRE.