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Point de vue de Joachim Azan, Novaxia

Novaxia appelle l’État à proposer un "plan d’épargne urbain"

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Depuis des décennies, le constat est clair : les relations entre les ménages et l’immobilier sont turbulentes. Même si la tendance actuelle est plus dirigée vers la jouissance d’un bien que sa propriété, il en reste tout de même que le logement est la principale préoccupation de la majorité des Français.

Depuis trop longtemps, les pouvoirs publics drainent les économies des Français vers l’entreprise. Aujourd’hui, à l’heure où les dotations aux collectivités fondent comme neige au soleil, sans compensation aucune de l’État, le gouvernement se doit d’inciter les Français à investir sur des supports de nature immobilière.

Il est temps de dépasser les états d’âme de chacun, et de dire haut et fort que les grands projets urbains ont eux aussi besoin de l’épargne des ménages, celle des plus riches, certes, mais aussi celle de tous les autres.

À ce jour, plus de 4 000 milliards d’euros dorment sur des comptes en banque, et dans le meilleur des cas cette épargne est faiblement rémunérée. Les épargnants ignorent d’ailleurs, lorsqu’un compte de dépôt leur rapporte, à quoi est employée leur épargne alors qu’ils aspirent au sens : la séduction forte exercée par les fonds solidaires en dit long à cet égard.

Et dans un même temps, alors que la loi de Contractualisation les oblige à ne pas dépasser 1,2 % d’augmentation de dépenses par an, nos collectivités ont besoin de trouver des alternatives pour continuer de se développer et répondre aux attentes de leurs concitoyens. Nos villes meurent de ne pouvoir s’adapter aux nouveaux modes de vie, de ne pouvoir entretenir le patrimoine sur leur territoire ni permettre de ramener de la vie dans leurs centres-bourgs par manque de moyens. C’est un paradoxe évident.   

Pour répondre à cette problématique, il nous apparait clair que l’État doit proposer un « plan d’épargne urbain » (PEU) comme il a imaginé un « plan d’épargne en actions » (PEA).

Un tel véhicule financier aurait toutes les vertus. Il donnerait les moyens de transfigurer l’urbanisme de notre pays et de rapporter ainsi de la vie dans les territoires les plus écartés. Combien d’immeubles au cœur de nos communes, sur tout le territoire, tombent en déshérence ? Quelle fraction du parc locatif sort chaque année du marché faute de mise à niveau ?

Il est indispensable que les collectivités bénéficient d’outils fiscaux incitatifs pour pallier les baisses des dotations, et éviter la fracture territoriale, tout en leur permettant de continuer à aménager, réaménager, transfigurer et réinventer la ville.

Faire travailler l’élu local, le transformateur main dans la main est une méthodologie vertueuse qui sert les intérêts de tout un chacun. 

Loin d’être un domaine stérile, l’immobilier constitue la pierre angulaire pour assurer la vigueur de l’économie française.

On rappellera que ce secteur lourd de l’économie française emploie près de 2,5 millions de personnes. Qu’au cours des années récentes, on lui aura dû un quart de la croissance. Et que la hausse programmée pour 2018 tient compte de l’apport en richesse du marché immobilier, de la construction aux travaux de maintenance en passant par les transactions.

Il est opportun dans ce contexte de bâtir un outil de collecte de l’épargne des ménages dédié au financement des opérations de modernisation urbaine.

Il est important de trouver une solution pour nos territoires et que l’État donne les moyens législatifs pour pallier au manque de ressources et aux baisses consécutives de dotations aux collectivités.

Nous appelons l’État à réfléchir à la mise en place d’un « plan d’épargne urbain », qui serait une solution efficace pour faire vivre nos villes et territoires tout en donnant du sens à l’épargne des Français.