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Point de vue de Béatrice Guedj, IEIF

Eclaircies confirmées pour 2017, des marchés boursiers étonnamment peu volatils

© gerald / Pixabay

L'OCDE revoit à la hausse ses prévisions de croissance de l'économie mondiale à 3,3 %, +0,1 point de plus qu'en novembre dernier. L'institution alerte sur une multiplication des risques comme source d'un déraillement potentiel de la croissance. Le protectionnisme, la volatilité des marchés des capitaux attisée par la divergence des taux d'intérêt, les fragilités financières et un optimisme exubérant sur la croissance sont potentiellement les quatre ingrédients d'un mauvais cocktail.

L'OCDE en appelle à une croissance plus inclusive, une réduction des inégalités pour in fine stimuler la demande privée et assurer une intégration économique mondiale plus durable. Il est évident que l'institution s'inquiète des potentielles stratégies de guerres commerciales qui impacteraient négativement l'emploi à court et moyen terme. A la manière du FMI, l'OCDE répète qu'une politique budgétaire plus expansionniste, devrait prendre le relais d'une politique monétaire qui a montré ses limites et potentiellement des failles, comme la valorisation de certains actifs, immobilier compris.

Aux Etats-Unis, la croissance du PIB serait de 2,4 % en 2017, soutenue par l'expansion budgétaire annoncée en dépit de la hausse des taux d'intérêt et du raffermissement du dollar. La demande intérieure resterait portée par une hausse du patrimoine des ménages, en liaison avec des gains boursiers significatifs générés depuis 2015.

En zone euro, rien de neuf sous le soleil, puisque la croissance au dernier trimestre a été soutenue par la demande domestique. La contribution des dépenses de consommation reste positive, celle de l'investissement aussi, même si plus modeste. Pour 2017, l'OCDE fige la croissance du PIB à 1,6 % : l'Allemagne resterait « leader » avec 1,7 % contre 1,3 % pour la France. Les indicateurs récents suggèrent un rebond de la production industrielle, et une meilleure orientation des carnets de commande dans ces deux pays. L'Espagne et l'Italie restent sur leurs dynamiques.

Le refrain entonné par l'OCDE reste le même : le rythme modéré de la croissance est lié au sous-emploi chronique et au manque de compétitivité. L'OCDE martèle que l'assouplissement fiscal à venir doit s'accompagner urgemment de réformes structurelles sinon la stagnation séculaire ne pourra être évitée. Certes l'OCDE n'est pas aussi franche, mais les économistes savent lire entre les lignes. L'orchestration devient difficile à mettre en harmonie sous fond de populisme.

Au Japon, les profits des entreprises sont en hausse de 16,9 % sur un an et les dépenses d'investissement sont mieux orientées (+3,8 % sur un an au T4 2016). En 2017, la croissance serait de 1,2 %, en hausse, appuyée par l'assouplissement budgétaire. En Chine, le ralentissement de la croissance se poursuivrait à 6,5 % et plus encore en 2018. Le niveau élevé de l'endettement, les surcapacités de production et la croissance soutenue du crédit restent des menaces même si les chiffres récents du commerce extérieur sont des points positifs. Parmi les autres émergents, la Russie et le Brésil bénéficieraient de facteurs de soutien, une hausse des prix des matières premières, et un ralentissement de l'inflation. Au Mexique, l'éclaircie est venue d'un renforcement de la balance commerciale tandis que la rhétorique de Trump plombait les indices de confiance domestiques.

Au-delà, des mouvements observés sur les différents marchés suite aux annonces de normalisation monétaire aux Etats-Unis, des élections en Hollande et de l'activation de l'article 50 au Royaume-Uni le 29 mars, les indices boursiers sur les marchés actions restent étonnamment peu volatils.

Dow Jones Euro, Europe et CAC, tous sous-secteurs confondus, sont depuis le début de l'année supérieurs de 15 % en moyenne sur un an.

Point notable, l'indice CAC 40 Small est 25 % supérieur à son niveau sur un an : cette vigoureuse progression n'est pas surprenante en raison de la forte performance des valeurs technologiques très majoritaires dans l'indice. En immobilier, le seul secteur à concurrencer le CAC Small est celui de la promotion, puisque l'indice IEIF Activités immobilières ressort également en hausse de près de 25% sur un an. Il est vrai que les activités de promotion enregistrent de très bons résultats, soutenus par un environnement favorable, avec un effet toujours positif du faible niveau des taux d'intérêt.

L'indice Euronext IEIF REIT Europe, coupons réinvestis, rebondit de plus de 4 % en février, tiré par les valeurs hors zone euro : toutefois, cette performance, ne vient pas totalement compenser la baisse observée au mois de janvier dernier. Son homologue, l'indice Euronext IEIF REIT euro zone est en hausse à plus de 3% sur un mois, mais reste inférieur à son niveau de fin d'année passée.

L'indice Euronext IEIF SIIC France ne se démarque pas par sa performance globale observée en février : +0,51 % en liaison avec les faibles hausses pour les mid et large cap, respectivement de +0,9 % et +0,2 %.

En revanche, « small is beautiful », puisque les small cap françaises, celles dont la capitalisation est inférieure à 300 M€, enregistrent une hausse de leur performance de 2,6 %. D'un point de vue sectoriel, les SIIC spécialisées en bureaux enregistrent la performance la plus élevée sur le mois de février, et l'indice retrouve quasiment son niveau du mois de décembre dernier tout en restant toutefois en deçà de 4 % par rapport à son pic d'été. L'indice des SIIC spécialisées en commerce enregistre un léger retrait de -0,5 %, après une baisse de -4,9 % en janvier dernier : il reste encore inférieur de 10,5 % par rapport au point haut de l'été dernier. En février, le rendement instantané de l'Indice Euronext IEIF SIIC France ressort à 5,46 %, soit le plus élevé comparativement à ses pairs et en ligne avec ses performances passées.

A quelques semaines des élections, alors que les investisseurs témoignent d'une fébrilité vis-à-vis de la France, comme le suggère le recul des indices mentionnés ci-dessus, notons que l'indice SIIC France offre quasiment la meilleure performance sur les douze derniers mois à plus de 8,6 % et la plus élevée en termes d'effet revenu.

Sur les douze derniers mois, le couple rentabilité-risque de l'indice Euronext SIIC France reste bien supérieur à celui de l'indice Euronext IEIF REIT Europe. D'un point de vue de la diversification de portefeuille et comparativement aux autres indices immobiliers REIT Europe ou zone euro, l'indice Euronext SIIC France reste le moins corrélé aux marchés actions, CAC et Dow Jones tous secteurs confondus.

La certaine nervosité déjà observée sur l'ensemble des titres français, en regard des élections présidentielles, s'accentuerait à horizon du premier tour. Les prises de position de certains gérants suggérées par la hausse de volatilité des cours démontrent que malgré de bonnes performances dans la sphère de l'économie réelle en immobilier, « tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ».

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